Ad Astra affiche

Ceux qui adorent, vantent les mérites de :
- la mise en scène, à la fois classique et inspirée de James Gray,
- l'interprétation bouleversante de Brad Pitt, qui est, lui, très près des étoiles,
- la persistance d'un auteur décidé à décliner ses obsessions sur les relations père - fils dans tous les contextes possibles, du polar mafieux à l'exploration spatiale (ici) en passant par la recherche des cités perdues dans la forêt amazonienne,
- la capacité de ce même auteur à avaler toutes les couleuvres nécessaires (scènes d'action qui n'ont rien à voir avec l'histoire, happy end très probable) pour mener à bien sa mission personnelle,
- les démonstrations de respect au cinéma de ses "pères", de Coppola (le trajet à la "Apocalypse Now") à Kubrick (l'espace comme ultime lieu d'introspection) en passant par Tarkovski (l'esthétique "Stalker" de la base sur la face cachée de la lune),
- les commentaires politiques pertinents sur la commercialisation des voyages spaciaux et sur l'extension à l'espace des guerres terrestres pour le contrôle des ressources,
- de manière générale, l'approche "auteuriste" de la SF trop communément abandonnée aux tâcherons du grand spectacle décérébré...

Ceux qui abhorent, se moquent de :
- le nombre extraordinaire d'invraisemblances scientifiques dans un film qui revêt a priori les atours d'une crédibilité "hard science" (la plus drôle restant sans aucun doute la traversée d'un champ d'astéroïde, ou au moins d'un anneau de Neptune, avec une simple porte en tôle comme bouclier !),
- une histoire qui fait des détours impossibles, entre pirates lunaires et space monkeys enragés,
- l'absence complète de personnages secondaires ayant quelque chose à dire ou à faire,
- le ressassement de banalités freudiennes et autres dans un contexte spatial qui ne leur ajoute rien,
- la multiplication de citations pour cinéphiles destinées à gagner leur sympathie,
- l'absence totale d'empathie entre les personnages (les acteurs ?) dans la fameuse scène de retrouvailles père - fils ("tout ça pour ça ?").
- l'habituel consensus d'un certain profil de cinéphiles sur le "génie" de James Gray quoi que ce soit qu'il fasse...

Et moi, et moi ?
- j'ai bien aimé, j'ai tremblé quand il fallait, j'ai versé une larme aussi, parce que je suis un mec facile,
- je suis d'accord avec TOUS les arguments de ceux qui adorent, mais aussi de (presque) TOUS ceux qui abhorrent "Ad Astra", donc ça me met où ? Dans les indécis ou les faibles et influençables personnalités ?

Et vous ? Et vous ?
Eh bien faites-vous votre propre idée...