le coma des mortelsVisiblement, comme on le pressentait déjà à la lecture de son précédent roman, "Que ta Volonté soit Faite", d'ailleurs assez réussi, Maxime Chattam en a un peu marre de son statut d'auteur de best-sellers assez pourraves mais très sanglants et horrifiques. Alors, avec pour modèle un Stephen King qui a réussi finalement à gagner une vraie crédibilité en tant qu'écrivain, Maxime rompt tous les ponts avec et ses sujets et son style "habituels". Point de thriller ici, même s'il reste une vague énigme d'ailleurs vite résolue par le lecteur au bout d'une petite cinquantaine de pages, pour peu qu'il ait compris le jeu un peu puéril auquel l'auteur se livre avec les caractères en italiques, mais plutôt une chronique légère (oui ! oui !) et régulièrement hilarante du mal-être contemporain, ou plutôt du "mâle-être" parisien, puisque les préoccupations existentielles de notre héros tournent quand même surtout de manière triviale autour de l'amour et du sexe !

La bonne surprise de ce "Coma des Mortels", titre n'ayant rien à voir avec l'histoire mais témoignant, je suppose, de la rébellion de Chattam face à notre endormissement au sein d'une société matérialiste, c'est que l'auteur arrive réellement à être amusant - comme par exemple quand il narre les aventures de son héros en ramasseur d'excréments au zoo -, et à poser quelques bonnes questions, certes banales, quant à la manière dont nous acceptons le monde. La mauvaise, c'est que le livre devient rapidement affreusement répétitif et fastidieux malgré sa relative brièveté, et qu'inventer des comportements fantaisistes comme appeler des numéros de téléphone au hasard (on frôle les tics "d'Amélie Poulain", comme certains l'ont relevé) n'ajoute pas de la profondeur à un roman qui aurait sans doute gagné à être plus clairement, soit du côté de l'humour, soit du côté du trouble existentiel. On se dit même à un moment que Chattam aurait plutôt envie ici de devenir Guillaume Musso à la place du calife...

Mais ce qui flingue complètement cette tentative par ailleurs courageuse d'aller vers "autre chose", c'est l'introduction laborieuse pour prévenir le lecteur qu'il doit chercher quelque chose de caché dans le roman, et la conclusion, révélant avec une lourdeur pénible, la mécanique du jeu auquel s'est livré Chattam, qui nous prend visiblement pour des attardés mentaux ayant besoin de panneaux indicateurs en lettres fluo pour trouver notre chemin dans son bouquin tellement intelligent ! A partie de là, les dernières lignes en forme de "mind fuck" dérisoire ont cessé totalement de nous intéresser...