Le retour du héros afficheIl y a au moins un vrai sujet de satisfaction dans ce "Retour du Héros" pour le cinéphile à jamais amoureux de la virtuosité de la grande comédie hollywoodienne classique, de Lubitsch à Wilder en passant par Hawks : la construction d'un véritable scénario "à l'ancienne", délibérément farfelu mais plutôt réussi avec ces allers-retours entre la brillance de la fiction, de la légende (la femme) et la triste vulgarité de la réalité du siècle, fut-il celui des guerres napoléoniennes (les hommes), et avec cet enchaînement imparable de quiproquos, de conflits et de catastrophes provoqués par la friction entre fiction et réalité, femmes et hommes. Il y avait là le potentiel d'un vrai grand film, et ce d'autant que le couple Laurent - Dujardin, avec la toujours efficace tension entre amour et haine, admiration et mépris, fait ça et là de belles étincelles. Pour que "le Retour du Héros" ait pu être la réussite promise, il eût sans doute fallu un vrai talent de mise en scène, puisqu'on sait depuis toujours que la comédie est avant tout une question d'élan et de timing : il eût fallu autre chose que cette simple mise en images, sonnant la plupart du temps forcée, fausse, des belles situations imaginées par les scénaristes, et que ce rythme semblant plus précipité que réellement enlevé (Hawks restant bien sûr la référence dans ce domaine !)... Un talent que Laurent Tirard n'a visiblement pas, peut-être un talent qui n'existe même pas aujourd'hui dans le cinéma populaire français. Il nous faudra donc nous contenter de rêver d'une comédie "classique" qui n'advient jamais vraiment, même si quelques scènes peuvent être sauvées, surtout parce que les acteurs trouvent d'eux-mêmes le ton juste, et que la mécanique fonctionne. Si l'on craint le pire, le happy end plein de bons sentiments sous forme de rachat et de pardon convenu lors de la scène de l'attaque des cosaques, "le Retour du Héros" a l'intelligence de se clore sur une dernière pirouette complice qui a quand même plus d'allure !