VolkerballFilmage très professionnel d'un show ultra-spectaculaire - comme Rammsteimn, immense pourvoyeur de spectacles mémorables, sait en donner -, dans le cadre impressionnant des arènes de Nîmes, et devant un public aux anges, voire en transe, ce "Völkerball" est un exemple de filmage live : son et image parfaits, et même quelques instants magiques où la folie furieuse du groupe et de son public devient tangible. Quelques instants seulement ? Oui… et c'est là que l'on peut se trouver frustré devant son écran ! Car on sent bien que l'on passe quand même à côté de la dimension littéralement dantesque (wagnérienne, plutôt ?) de ce qu'est Rammstein sur scène : car rien ne saurait remplacer l'expérience vécue… ou alors il faudrait un vrai metteur en scène aux commandes d'un tel film : on aurait aimé voir ce qu'un Scorsese ou un Lynch feraient d'un tel matériau, qui a besoin d'une transcendance ici absente. Ceci dit, ces minces réserves n'empêcheront pas le plaisir intense qu'on peut prendre devant "Völkerball", et ce d'autant que la setlist propose en toute logique une belle sélection des titres forts du groupe. Elle nous permet de vérifier une fois encore que, derrière l'image assez monolithique de Rammstein, et malgré un sentiment inévitable (?) de répétition entre certains morceaux, il y a ici à l'œuvre une vraie intelligence musicale : dans la conjugaison inédite d'ambiances indus, de mélodies (eh oui...) électro-pop qui tournent parfois à l'hymne populaire, et de sonorités gothico-metal, qui le caractérise, Rammstein réussit régulièrement à créer une musique excitante, novatrice, et étrangement roborative.