PredatorAh, "Predator" ! Schwarzie, ses muscles colossaux et son charme fou (qui allait l'amener au poste de Gouverneur de la Californie) ; McTiernan, le roi, que dis-je, le virtuose du film d'action (qui se retrouverait lui derrière les barreaux, sa carrière coulée) ; et l'un des ETs les plus réussis de l'histoire du cinéma, et ce pour toujours puisque la laideur irréaliste des effets digitaux a supplanté le réalisme poétique des masques en caoutchouc. Pas vraiment de nostalgie de ma part, puisque je n'étais plus un ado depuis longtemps en 1987, ce qui m'évita de développer un rapport émotionnel embarrassant vis à vis de ce genre de récit simpliste à base de mercenaires à grosses burnes, de guns sur-dimensionnés qui font exploser la moitié de la jungle et de punchlines improbables. Non, ce qui rend "Predator" immortel, c'est sa dernière partie, qui voit un Schwarzenegger mythique retourner à la glaise et au cri primal, les yeux fous de terreur, et engager ce combat surhumain au coeur des ténèbres qui évoque aussi bien la puissance primitive du Cinéma Muet que l'abstraction du post modernisme ("Apocalypse Now", inévitablement). En une vingtaine de minutes inoubliables, McTiernan touche au sublime, et offre à son spectateur l'une de ces expériences mémorables qui fondent notre amour pour le Cinéma. Oui, "Predator" est un grand film.