Alliés Affiche"Alliés" n'est pas un film désagréable à regarder : Marion Cotillard y est joliment touchante et le mélodrame de la seconde partie du film fera verser aux plus tendres d'entre nous une larmichette toujours bien venue en ces temps arides. Néanmoins, le film de Zemeckis, bon artisan donnant en général le meilleur de lui-même quand on lui confie une bonne aberration assortie de technologie un peu audacieuse, souffre de ne jamais choisir entre deux natures irréconciliables : le film rétro-glamour hommage à la grandeur passée d'Hollywood (sa première partie directement décalquée de "Casablanca", avec en plus le Sahara déplacé d'un bon millier de kilomètres pour abriter les amours soi-disant torrides d'un couple d'espions - sans même parler de la citation inaboutie de la fameuse scène de la Marseillaise du film de Curtiz), et le thriller psychologique "réaliste", à la manière d'Hitchcock, débité de manière excessivement mécanique. La digitalisation excessive déréalise la fiction et enlaidit les décors, condamnant ainsi les deux voies possibles, tandis que l'embarras visible d'un Brad Pitt défiguré par la chirurgie esthétique et peu crédible avec son français "québecquois", essayant vainement de jouer dans un registre tout en retenue qui n'est pas le sien, réduit à néant les efforts de Cotillard pour crédibiliser une grande histoire d'amour qui n'existe jamais à l'écran. Au final, on peut être séduit - comme moi - par le charme "classique" d'une belle histoire, il est néanmoins impossible de nier que "Alliés" est surtout un échec sans appel.