the-jesus-and-mary-chain-damage-and-joyOn a déjà vécu ça avec le dernier Violent Femmes et le dernier Pixies, ce retour de nos vieux héros qui s'évertuent à retrouver leurs sonorités passées avec plus ou moins d'inspiration, alors que le véritable problème qui se pose, c'est bien la disparition irrémédiable de ce radicalisme qui rendait leur musique aussi marquante, aussi vitale à l'époque bénie de leur apparition. "Psychocandy" et "Darklands" sont des albums aussi indispensables à leur manière que "Violent Femmes" ou "Doolittle", et la rage destructrice phénoménale qui les animait à l'époque n'a plus aucune possibilité d'exister, alors que ce sont de dignes quinquagénaires - qui nous ressemblent beaucoup trop - qui enregistrent ce triste "Damage and Joy". Les Frères Reid singent donc ici leur propre style - comme le ferait aussi bien qu'eux un tribute band lambda -, le pire étant quand même les paroles hilarantes glorifiant (toujours) le rock'n'roll, la violence et la haine de soi, qu'on espère quand même être du second degré. Musicalement, "Damage and Joy" joue la platitude ultime, en abandonnant la distorsion des grands débuts pour aligner des mélodies pop à la terrible vacuité. Pour notre grande tristesse. Cet album n'est absolument pas mauvais, une partie de ces chansons est même assez plaisante : il n'ajoute rien à la légende de The Jesus and Mary Chain, il a plutôt tendance à ressembler à un coda inutile et un peu ennuyeux.