Les Aigles T8Il a fallu un peu de temps à Pierret, après sa reprise du dessin des "Aigles Décapitées", pour trouver le style qui conviendrait sans doute le mieux à cette BD d'aventures "historiques" (on notera que les ambitions réellement historiques qui constituaient le fond de commerce des premiers tomes sont désormais totalement abandonnées, et c'est sans doute aussi bien comme ça...) : on est désormais dans un graphisme qui évoque celui du regretté Jacques Martin ("Alix"), avec toutefois moins de caractère et d'élégance. De plus, reste toujours, comme au temps de Kraehn, ce flottement des visages, féminins en particulier, qui n'arrivent pas à "se ressembler" d'une case à l'autre... ce qui est pour moi l'une des différences fondamentales entre les bons dessinateurs et la masse des autres. Si nous nous intéressons maintenant au scénario de cette "Marque de Nolwenn", force est de constater que "les Aigles..." sont désormais centré sur le conflit complexe qui oppose Hughes l'usurpateur à ceux (Ravenaud en premier lieu) qui n'entendent pas se laisser déposséder par son apparition, conflit qui s'entremêle avec les conséquences du mariage de Hughes avec Nolween. Rien à y redire, même si Kraehn tombe encore une fois dans la facilité des allers et retours incessants des personnages entre les différents "châteaux" et des retournements de situation et changements d'alliance un peu trop nombreux pour être crédibles. Bref, d'un côté, on sent dans "la Marque de Nolwenn" le potentiel d'une vraie BD d'aventures, tandis que d'un autre, on n'arrête pas d'être déçus par la conduite du récit.