Les Aigles T5"Saint-Malo de l'Isle" est le second volet de la nouvelle aventure de Hughes débutée avec "l'Hérétique", qu'il clôt avec le même je-m’en-foutisme dont Pellerin avait fait preuve à la fin du premier "cycle" de 3 albums : Kraehn n'a donc rien appris, abusant à son tour de flashback explicatif délivré par un personnage qui permet de boucler en une page un récit qui aurait mérité bien mieux ? Cette manière de construire - ou plutôt de ne pas savoir construire - un récit est stupéfiante au mieux, consternante plutôt : d'un côté on accumule les péripéties sans grand intérêt, comme si on voulait étirer la fiction, d'un autre on bâcle le dénouement de l'histoire principale (ici la captivité de Sigwald en danger de mort, l'emprise de l'hérétique Goliard sur les pastouraux) en quelques cases narrées par un protagonistes ! Sinon, un autre sujet de consternation est la substitution en plein album (page 18) de Kraehn au dessin par Pierret, qui commence évidemment par le singer, avant de - très logiquement - dériver : au delà du problème de cohérence que tout cela pose à une série qui n'en est qu'à son cinquième tome (et qui n'a clairement pas encore trouver son style), le résultat reste peu satisfaisant, avec - toujours - ce manque de caractérisation des visages, et un brai manque de vie (faiblesses des gestes et des mouvements en particulier). Au crédit de "Saint-Malo de l'Isle", on peut néanmoins verser, comme à chaque fois, l'intérêt "historique" dans la description de cette ville si particulière politiquement, et la complexité du personnage de Nolwenn. C'est malheureusement peu !