Le Domaine des Dieux afficheEn m'ennuyant doucement devant "Astérix : le Domaine des Dieux", je réfléchissais à ce qui pouvait faire que ce classique de la BD de notre enfance passe aussi mal sur grand écran (hormis la réussite du film de Chabat, s'entend, mais là on n'était pas réellement dans l'univers de Goscinny et Uderzo) : impossible de blâmer ici l'animation (en image de synthèse), très correcte, ni le scénario, tout à fait acceptable, construit intelligemment autour d'un livre mineur mais portant un beau sujet (l'assimilation de la culture des "autres") de la BD, ni même le doublage (il y a même le retour de Roger Carel, LA voix d'Astérix au cinéma)... Et pourtant, rien ne fonctionne vraiment : si l'on est reconnaissant à Astier et Clichy d'avoir compris la nature profonde de la BD, et de la restituer avec une vraie honnêteté, on sourit à peine, on ne frémit jamais, on est seulement heureux quand arrive le banquet final puisque c'est fini et que l'on n'a pas eu droit à l'habituelle catastrophe industrielle. L'humour si particulier de Goscinny et l'énergie des dessins d' Uderzo sont bel et bien intransmissibles en film ou en dessin animé, même lorsque le travail - comme ici - est bien fait : la solution serait donc plutôt d'aller ailleurs, d'utiliser la "mythologie Astérix" pour faire autre chose qu'une adaptation. Ce qu'avait su faire Chabat, donc. Ou alors, le mieux serait peut-être de laisser tomber l'affaire, non ?