Gone Girl Affiche

Voici un moment que Fincher s'est imposé comme l'un des réalisateurs les plus doués de sa génération, mettant la suprême intelligence de sa mise en scène au service de matériels divers et variés, pour le meilleur ("The Social Network" avec le brillant Sorkin) ou le moins bon ("Millenium", qui tournait à vide). "Gone Girl", adaptation patiente, ultra-précise mais impressionnante d'un autre thriller, appartient déjà au meilleur de la filmographie de Fincher. On connaissait déjà le style distancié, faussement froid de Fincher, on découvre ici une direction d'acteurs supérieure, qui lui permet de créer l'un des plus beaux personnages de psychopathe que l'on ait vu depuis longtemps, et qui marque durablement : il suffit de voir la tête des couples - en particulier - sortant de la salle ! Admirable aussi la manière dont Fincher (un peu comme Kubrick avec Cruise dans "Eyes Wide Shut") a su utiliser en faveur du film le manque de crédibilité endémique de Ben Affleck, pour la transposer dans son personnage de mari douteux, harcelé par les medias impitoyables (et stupides... jolie critique, soit dit en passant). On appréciera évidemment que le film ne sacrifie pas à la tentation du happy end, et du bouclage bien serré de son scénario policier, pour nous offrir une fin en forme d'infinie torture, et, à peine remis du choc, on pourra toujours réfléchir sur la vision terriblement pessimiste du couple offerte par "Gone Girl".