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Une belle troupe d'acteurs hors du commun qui compose le portrait de famille idéal d'une Amérique prolétaire laminée, une louable application à retrouver la grâce d'un "Voyage au bout de l'enfer", au hasard, soit à peindre une réalité oubliée par le cinéma US, même indépendant, un indéniable talent à mettre en scène la noirceur et la dépression en utilisant efficacement tous les outils actuels du 7ème Art, et au final... Pas grand chose, c'est le moins qu'on puisse dire... si ce n'est l'affection que l'on ressent pour les personnages condamnés au pire par un scénario à la fois trop malin et trop prévisible. Le virage au milieu du film vers le thème usé, inutile, contre-productif même ici, de la vengeance individuelle dessert dramatiquement le propos de ces "Brasiers de la Colère", et démolit complètement le commentaire social qui justifiait la première partie : c'est alors de la colère et du mépris que l'on se met à ressentir contre Scott Cooper, cinéaste faux-jeton ou mal avisé, déjà responsable du maladroit "Crazy Heart" (film incroyablement surévalué d'ailleurs), trahissant son sujet à force de vouloir de le faire rentrer à l'intérieure d'une perspective déterministe, et finalement méprisante du prolétariat.