La_Mort_dans_la_PeauFaire succéder Paul Greengrass, avec son filmage explosif de pseudo-reporter, qui collait bien à des oeuvres hyper-réalistes comme "Bloody Sunday", à Doug Liman le styliste était un pari risqué pour la franchise Bourne. Si cette "Mort dans la Peau" est à mon sens très inférieure au film précédent, le grand public a suivi, sans doute séduit par l'électricité qui se dégage en permanence de cette interminable course poursuite filmée avec une urgence et un sens de la tension d'une efficacité redoutable. Il est vrai que Greengrass ne nous laisse pas le temps de souffler, et nous fait physiquement ressentir l'épreuve traversée par Jason Bourne. Il est aussi indéniable que Greengrass délaisse complètement ici l'aspect "humain" de Bourne, cette angoisse existentielle d'une nouvelle naissance au monde, sans identité et sans mémoire, qui passe au second plan derrière le simple "survival movie", qui détaille les ressources physiques et intellectuelles nécessaires à la survie. Si l'on ajoute un sens de la topographie beaucoup moins convaincant que celui de Liman - et le fait que Berlin et Moscou n'ont pas la photogénie de Paris -, "la Mort dans la Peau", au de là de son indiscutable vigueur, ne produit malheureusement pas le même effet de sidération que son prédécesseur.