Start_Up AfficheProduite par Amazon en 2016 dans l'indifférence générale malgré la présence au générique de l'honorable Martin Freeman, "StartUp" n'est pourtant pas une série "standard" puisqu'elle fait preuve d'une indéniable ambition, tant par son sujet complexe (d'un côté les nouvelles monnaies virtuelles - pas forcément très clairement expliquées aux néophytes d'ailleurs -, de l'autre Miami et son puzzle racial à l'ambiance délétère) que par sa sophistication formelle. Cet échec "commercial" s'explique probablement par le traditionnel aphorisme "qui trop embrasse mal étreint", les scénaristes ne réussissant que rarement à harmoniser leurs différentes histoires : entre la violence quotidienne d'un quartier d'émigrés haïtiens - le meilleur de "StartUp", sans aucun doute -, les exploits de hackers hi-tech, la corruption au FBI, l'arrogance de la bourgeoisie blanche friquée de Floride, et pour finir l'irruption surprise de la mafia russe, il y a ici beaucoup trop de sujets disparates et finalement trop superficiellement traités pour que le téléspectateur y trouve son content. Dans la même logique, la distribution quasi égale des rôles centraux entre 4 personnages éparpille l'attention, d'autant que l'écriture, assez flottante et ne craignant pas les invraisemblances simplificatrices, nous réserve quelques redoutables "tunnels", avant un dernier épisode plutôt réussi, il est vrai. On regrettera le choix de Martin Freeman pour un contre-emploi qu'il n'arrive jamais à tendre crédible, ni même simplement intéressant... à la différence d'Edi Gathegi, qui réussit lui à injecter un peu d'étrangeté dans ce cocktail largement raté.