Seven_Sisters afficheLes scénaristes de "Seven Sisters" ont tellement misés sur le goût actuel des spectateurs pour les film "à fort concept" et pour les twists surprenants qu'ils ont oublié qu'un bon récit de SF se construit d'abord sur la crédibilité des hypothèses de départ ayant amené à la société décrite, et sur la cohérence même de cette description. Ce qui amène le spectateur un tant soit peu exigeant à passer une bonne partie du film à essayer de résoudre maintes questions de simple logique que le film pose, et donc à gérer sa propre incrédulité pour pouvoir s'immerger sans arrière-pensées dans le film. Pas très fin, le tâcheron norvégien Tommy Wirkola imagine de détourner l'attention de la partie la plus jeune de son auditoire en accumulant très vite et sans répit nombre de scènes de violence excessive, qui, c'est vrai, assomment tellement qu'elles limitent le niveau de réflexion dans la salle ! Si l'on ajoute une conclusion faiblarde (pour le twist, on repassera, quiconque avec un minimum de culture littéraire ou cinématographique l'aura anticipé), on pourrait être tenté de qualifier "Seven Sisters" de semi-nanar. Sauf qu'il y a au cœur du film l'excellente Noomi Rapace, qui est, logiquement, de quasi tous les plans, et qui, même si elle n'arrive pas tout-à-fait à incarner ces sept femmes différentes que l'on reconnaîtra surtout à leur coiffure, injecte dans le film un niveau d'émotion parfois suffocant, qui n'était probablement pas au programme initial de "Seven Sister". Noomi est ici passionnante, et justifie complètement qu'on s’inflige ce film globalement pas très intelligent et trop bruyant.