Fin de la Parenthèse"Fin de la Parenthèse" commence par une belle idée stimulante, toute à l'honneur de la réflexion "d'honnête homme" engagée depuis longtemps par Joann Sfar sur la religion et ce qu'elle apporte ou retranche à l'humanité, une réflexion évidemment exacerbée par les événements terroristes de 2015 et 2016 : l'Art, dans ce qu'il a de plus ambitieux - soit offrir une vision alternative du monde - est le seul moyen de mettre fin à la dictature de Dieu et de ses prêtres. Le fait que Sfar ait récemment "connecté" avec la peinture de Dali, puissante opportunité de redessiner la réalité comme notre propre psyché, lui donne l'idée d'un huis clos "artistique" avec une poignée de jeunes femmes aussi squelettiques que dénudées - visiblement, Sfar craque pour le stéréotype du top modèle -, huis clos qui permettra à son alter ego de recréer certaines des oeuvres les plus célèbres de Dali, pendant que ce dernier est décryogenisé. Jusque là, tout va bien, sauf que l'absorption de puissants champignons hallucinogènes va faire basculer l'expérience dans le délire et la BD dans un long tunnel de dessins certes sensuels mais quand même répétitifs. Le pire est quand même atteint à la fin quand Sfar (à travers son personnage, mais quand même...) semble s'être totalement désintéressé de son superbe postulat de départ et referme la parenthèse sans plus y prêter la moindre attention. On hésite alors entre déception et irritation : lâcheté ou pur foutage de gueule ? Ou bien y aura-t-il une suite ?