Iggy Royal Albert Hall

Frustré que j'étais de n'avoir pas pu assister au concert de Iggy + Josh Homme au Grand Rex pour cause de ma lenteur à réagir alors que les billets ont évidemment filé très vite, la mise en ligne chez Arte du set du Royal Albert Hall a constitué pour moi une excellente alternative, ou plutôt une solution "mieux que rien", vu que la petite bande est désomais dissoute. Et, contre toute attente, ces 80 minutes (concert complet ou seulement partiel, ce n'est pas clair...) se sont avérées bien moins excitantes qu'espéré, ce qui m'a un peu consolé de mon absence au Grand Rex. On sait que Iggy, en parallèle à sa carrière solo "traditionnelle", voyant sans doute l'âge de la retraite s'avancer, multiplie les projets parallèles, typiquement beaucoup moins sauvages que son "coeur de carrière" : son alliance avec Josh Homme, pour un album absolument splendide qui reprend les choses là où sa collaboration avec Bowie les avait laissées, se matérialise donc sur scène par un set "plus adulte", composé d'un choix pertinent de morceau phares extraits de "The Idiot", "Lust for Life" et "PPD". Les musiciens - 3 de chez QOTSA + le batteur de Arctic Monkeys + un bassiste - sont habillés par Saint Laurent, et les orchestrations et le son sont assez fidèles aux albus originaux, permettant quand même à Homme de nous offrir sur la seconde partie du set quelques solos de guitare assez magnifiques : pour le spectateur, le tout résulte en une impression de nostalgie qui prime sur l'excitation, un peu comme quand les groupes vieillissant nous rejouent leurs albums classiques. Si Homme et sa bande ont l'air de s'amuser comme des petits fous à interpréter les titres de Bowie-Pop qui ont certainement bercé leur jeunesse, je n'ai pas eu l'impression que l'Iguane, peut-être fatigué, arrivait à lancer ces moments extatiques de folie furieuse qui illuminaient ses meilleurs concerts (même lorsqu'il était entouré de musiciens médiocres, et c'est un comble). Il donne pourtant de sa personne, rapidement torse nu, au contact permanent avec la foule, allant jusqu'à s'écorcher le visage comme à sa grande période destroy (Open Up and Bleed, qu'il disait), mais on est plus dans un concert hommage (à Bowie en particulier) que dans une tuerie punk. Le set a d'ailleurs particulièrement du mal à décoller, ce qui est dommage pour "Lust for Life" et "American Wallalah", joués en entrée sans grand impact, et ce n'est que la seconde partie qui nous enchantera enfin : à souligner en particulier une superbe version de "Nightclubbing" et un beau final à 3 guitares hullulantes de "China Girl". Voilà, depuis, Iggy et Josh sont passés à autre chose, laissant derrière eux un bel album, ce qui n'est pas rien. On verra à Rock en Seine là où se trouve vraiment Iggy aujourd'hui.