Hunger Games 4 AfficheVous souvenez-vous : "Meet the new boss / Same as the old boss" ? Cette célèbre phrase de "Won't get fooled again" par laquelle Townshend regrettait (?) l'inutilité des révolutions ? Eh bien il ne connaissait pas encore Katniss, l'héroïne de "Hunger Games" capable de rendre la révolution au peuple d'une seule flèche ! Bon, ce dernier volet d'une franchise, qui n'était pas trop mal partie avant de s'abîmer à cause de scénarios de plus en plus mal écrits (incohérents, invraisemblables, et surtout fastidieux), est bien plus regardable que son épouvantable prédécesseur : on a donc droit, en sus du désormais habituel blabla sur la société du spectacle et sur le bon usage de la propagande, à un point de vue pas trop stupide sur la confiscation de la révolte populaire par les politiciens. Un embryon de réflexion honorable évidemment gâché par un happy end au redoutable conformisme : la rebelle abandonne son arc et son carquois pour le biberon et les couches, et le monde autour d'elle resplendit d'un coup sous le soleil. Il n'y a toujours en fait qu'une seule vraie bonne raison d'investir son temps dans "Hunger Games" : Jennifer Lawrence, actrice caméléon furieusement fascinante quoi qu'elle fasse, même dans un personnage aussi paradoxal. Car, même réduite à une image, un slogan, même manipulée par des politiciens et des militaires bien plus malins qu'elle, elle continue à incarner à nos yeux une forme de féminisme moderne, terriblement attirant en plus. Comme quoi, il n'y a pas eu erreur de casting !