Exodus AffichePourquoi aller chercher des noises à Cecil B. De Mille et son "indépassable" "Dix Commandements" ? Pour prouver le pouvoir des effets numériques actuels, lorsqu'il s'agit de nous conter de grandes histoires bibliques et des destins pharaonesques ? Pour permettre à notre ami Ridley Scott de ne pas perdre la main en matière de filmage et de mise en scène de peplums brutaux ? "Exodus : Gods and Kings", c'est en fait un peu l'auberge espagnole, chacun y trouvera ce qu'il est venu y chercher : des références à "Gladiator" quand il s'agit de montrer des intrigues politiques (mais malheureusement, Joel Edgerton n'est pas Joaquin Phoenix, et fait plutôt pitié avec son éternelle expression figée) ; des scènes de combat brutaux et de mouvements de foule ; une petite plongée de mauvais goût dans le fantastique avec les (dégoûtantes) plaies d'Egypte ; une réflexion "moderne" sur la Religion, parce que Hollywood, on le sait, ne souscrit pas aux visions réactionnaires de la majorité chrétienne, ce qui nous vaut, au choix, une vision de Mise schizo parlant tout seul, ou une représentation de Yahvé en gamin diabolique qui évoque plutôt les films d'horreur standards ; et au final une ballade guidée pas vraiment désagréable à travers une histoire bien connue qu'on voit avec un certain plaisir illustrée au goût du jour. Reste que pour voir un film un peu mieux construit, cohérent dans sa narration, avec des personnages secondaires un peu consistants, il nous faudra encore attendre la version de 4 heures, le "Director's Cut" incontournable, parce qu'ici, en 2h30, c'est régulièrement du n'importe quoi !