Deerhunter-Monomania

"Monomania" fait référence à Richard Hell dans sa pochette,  et au punk dans le titre de sa dernière chanson : Bradford Cox semble avoir voulu retrouver avec cet album une rage frénétique,  une immédiateté instinctive que la superbe profondeur "intellectuelle" - ainsi que le "léché" de la production - de son précédent opus, "Halcyon Digest" avait oublié. Le résultat n'est pas pour toutes les oreilles, le chaos étant clairement plus envahissant ici que jamais, et Deerhunter semblant déterminé à brûler tous les ponts en continuant à avancer vers un psychédélisme minimaliste et bordélique.  Je dis "semble" parce que rien n'est jamais simple dans le monde tourmenté de Bradford Cox, et "Monomania" - si l'on franchit la barrière de l'inconfort des premières écoutes - se révèle finalement infiniment riche en mélodies roboratives, voire en moments de pure émotion, particulièrement en son centre, subitement apaisé. On appréciera aussi que Bradford Cox revisite les formes musicales américaines traditionnelles pour les revitaliser par son approche iconoclaste, mais toujours sensible. Au final, pour égaler son predecesseur, il ne manque à "Macromania" qu'une grande chanson comme "Desire Lines". Ce sera, sans nul doute,  pour la prochaine fois.