The Handmaid's Tale S5 affiche

On s'était suffisamment ennuyés devant une saison 4 de l’imparable série que fut un temps The Handmaid's Tale pour ne pas en redemander une cinquième ration, qu’on nous sert pourtant aujourd’hui et… qui ne sera d'ailleurs – malheureusement - toujours pas la dernière.

Et le début de cette nouvelle saison nous désespère à nouveau : June et Serena (Elisabeth Moss et Yvonne Strahovski, toutes deux parfaites, restent la grande raison de continuer à regarder la série…) se haïssent encore plus depuis que June a exécuté Fred, au cours de la fin très discutable de la saison précédente. Elles se livrent un drôle de combat à distance, tandis que June culpabilise de plus en plus d'avoir abandonné sa fille derrière elle pour trouver refuge au Canada, et un retour vers la dictature religieuse est de moins en moins exclu pour elle, ce qui intéresse au plus haut point de gouvernement de Gilead. Tout ça ronronne doucement, en particulier parce que le personnage de Luke est décidément trop faible pour que la partie psychologique autour du couple June – Luke fonctionne réellement. Et puis peu à peu, quelque chose prend : Serena se retrouve prisonnière au Canada d’un couple qu’elle pensait être ses alliés, et doit faire l’expérience elle-même de ce que signifie être une « handmaid », par un cruel retournement de situation. Une expérience radicale qui va finir par impacter, et changer à nouveau sa relation avec June.

De plus, en retournant à des sujets "politiques" tel que la lutte pour le pouvoir au sein du gouvernement de Gilead, déchiré entre ceux qui souhaitent que le pays d’ouvre au monde pour des raisons économiques, et ceux qui y sont opposés... Ou encore tel que la montée de la haine anti-immigrés US au Canada, qui fait un drôle d'écho avec notre réalité à nous. Tout n'est pas toujours crédible, les scénaristes ayant toujours des difficultés à rendre leur univers uchronique réaliste du point de vue géopolitique (en particulier en ce qui concerne ce qui reste des USA, et de leur gouvernement), mais pourquoi pas... Les derniers épisodes retrouvent cette agressivité à la limite de la haine qui a permis à Elisabeth Moss de se transcender à nouveau dans le rôle de la « Servante Ecarlate », et la tension qui renaît fait plaisir… Jusqu’à un dernier épisode cette fois très réussi.

The Handmaid's Tale n'est bien sûr plus la grande série qu'elle serait restée pour la postérité en se terminant après 3 saisons, mais elle reste un divertissement de haut niveau, une réflexion pertinente sur la fragilité de la position de la femme dans bien des sociétés (y compris la nôtre ?), sur l'extrémisme religieux, et sur l’ambiguïté de la Real Politik quand on est prêt à sacrifier certaines principes démocratiques… Ce qui n’est quand même pas rien pour un divertissement « grand public » (ou presque…). The Handmaid’s Tale nous offre en outre une vision terriblement pessimiste de l'humanité, et sait encore proposer régulièrement des scènes de grande intensité. Alors arrêtons de bouder et convenions que ça nous ira bien cette fois encore.