2022 10 08 Magma Folies Bergère (35)

20h30 : Les onze membres de Magma 2022 s’installent : en plus de Christian Vander, dont la batterie occupe logiquement le centre de la scène, on compte dix personnes, dont six aux voix – la musique de Magma frappe aujourd’hui comme une grande aventure vocale -, deux claviers, une guitare et une basse (tenue par Jimmy Top, fils du fameux Jannick Top qui occupa la même place voici près d’un demi-siècle !).

On peut regretter que le public parisien, peu ponctuel et indiscipliné, mette longtemps à s’installer alors que le groupe a débuté son set, avec une belle introduction qui lui sert d'échauffement : K.A 1, datant de 2004, est un long morceau plutôt prog, avec d'impressionnants passages vocaux, et avec ce talent dans l'emphase qui a toujours caractérisé le groupe. Une belle introduction, un peu gâchée par le brouhaha dans la salle, en particulier dans les balcons.

Stella nous annonce que le groupe va jouer l'intégralité du nouvel album, Kartëhl… ce qui ne réjouit sans doute pas tout le monde dans la salle. Ce premier set de la soirée sera donc dédié à une musique plus légère, avec de magnifiques parties vocales de Stella et d’Hervé (… mais également une étonnante intervention baroque, quasi extra-terrestre, du claviériste sur Wïï Mëlëhn Tü) : des colorations tropicales, voire bossa nova, loin de la noirceur historique du groupe. Quarante minutes d’un voyage lumineux des plus plaisants, mais sans doute décalé par rapport aux attentes des véritables fidèles du groupe, vêtus de noir, parsemés dans le public. Stella nous présente les compositions qui ont été jouées et qui sont pour certaines dues aux musiciens, et non seulement à Vander… avant 20 minutes d'entracte dont on se serait bien passé, qui vont faire retomber la pression.

2022 10 08 Magma Folies Bergère (6)

21h35 : et on repart pour un second set, consacré à la suite Ëmëhntëhtt-Rê (mais ai-je reconnu à un moment un extrait de Mekanïk Destruktïw Kommandöh, ou bien est-ce mon imagination ?), plus en ligne avec la musique que l'on connaît de Magma. Le public des Folies Bergère apprécie nettement plus, et applaudit les passages virtuoses – témoignage de la culture jazz, sans doute ? Mais c'est quand la musique enfle, qu’elle devient lyrique en diable que les fidèles se lèvent et entrent en transe. On se dit alors qu’il est vraiment dommage que le concert soit en configuration assise : avec une fosse debout, cette seconde partie, parfaitement impérieuse, aurait pu littéralement décoller.

22h35 : Nous sommes gratifiés d’un superbe rappel, qui va marquer la soirée : d'abord un morceau enchanté, où les voix féminines sont prépondérantes, avant que Christian Vander se fasse remplacer à la batterie pour s'avancer sur scène et chanter lui-même, d’une voix parfaite en dépit des années qui ont passé, le magnifique – et très « simple », très dansant, Dëhnde.

Une conclusion enchanteresse d’un concert qui nous a rappelé que Magma, ce ne sont pas que les incantations « Zeuhl », mais aussi une belle célébration de la vie.