Menteur Affiche

Qualifier Menteur de "comédie" est lui faire bien trop d'honneurs, d'ailleurs même le qualifier de "film" est excessif, tant l'ennui règne, implacable, dans la salle climatisée où est projetée, un après-midi d'été où il fait bien trop chaud pour tout simplement vivre, cette "chose informe".

L'inepte Olivier Baroux, déjà responsable de trop d'horreurs pour une vie entière de "réalisateur" (ce qu'il n'est pas, soyons clairs), a paresseusement recyclé le scénario d'un film canadien que nous n'avons pas vu : était-il aussi mauvais au départ, ou bien l'a-t-il saccagé pour l'adapter à ce qu'il pense être le QI moyen de son public ? Nous ne le saurons jamais, n'ayant que peu d'envie de répéter l'expérience de Menteur.

A partir d'une idée moralisatrice déjà exploitée (par le très moyen Liar Liar avec Jim Carrey), "mentir c'est mal", on imagine ici que tous les mensonges d'un menteur compulsif se réalisent par magie (un cagoulard jette une malédiction, et on n'en parle plus...) : sa vie devient un enfer - on ne voit d'ailleurs pas pourquoi, puisqu'une bonne partie de ses mensonges lui offrent des choses positives - et il devra avouer gentiment à la fin qu'il mentait, ce que tout le monde savait de toute manière. Et ensuite ? Eh bien rien du tout. La bande annonce de 1h30 racontait déjà l'intégralité du film, et était largement suffisante.

Tarek Boudali, dans le rôle principal, est d'une nullité abyssale : il ne fait pas rire, ne dégage aucune émotion, il est juste terriblement antipathique (et le pire, c'est que c'est l'acteur et non son personnage qu'on déteste en regardant le film). Le reste de la distribution n'est pas aussi mauvais, mais comme ils n'ont rien à faire ni à dire d'intéressant, ils pataugent, ils pataugent.

Le sous-texte politique (l'obscénité des dirigeants d'entreprises d'aujourd'hui prêts à licencier pour s'enrichir personnellement) ne débouche sur rien, les quelques gags (comme le voisin serial killer) ne font pas rire.

A la fin Baroux essaie de se rattraper aux branches de la comédie romantique, mais on n'y croit pas une seconde.

Finalement, la canicule aurait été plus supportable.