Incroyable mais Vrai affiche

Comme Quentin Dupieux est expert en films très courts, on va offrir à son Incroyable Mais Vrai une chronique très courte elle aussi. Gros plaisir et francs éclats de rire pendant les premières 45 minutes d'un film basé sur un double concept brillant- qu'il ne faut pas dévoiler, le plaisir de la découverte étant essentiel... Et ce d'autant que Dupieux prend un malin plaisir à retarder les révélations ! Traitant plusieurs sujets mois absurdes qu'à l'habitude (l'obsession de la jeunesse, la masculinité toxique...), Incroyable Mais Vrai, en dépit de son étrangeté (habituelle dans le cinéma de Dupieux) s'approche franchement du cinéma français le plus classique, avec une tonalité années 70 pas désagréable. Les quatre acteurs s'en donnent à coeur joie (avec une petite préférence pour ma part pour un Magimel répugnant et réjouissant !), et leur bonheur de jouer rejaillit très positivement sur le film.

Et puis, quand on s'approche de l'heure de film, on dirait que Dupieux se fatigue lui-même de son histoire, il passe alors en mode de narration avec vitesse surmultipliée, ce qui est certes amusant, mais donne surtout l'impression que Incroyable Mais Vrai est bâclé, et ce jusqu'à une fin pas très pertinente, voire franchement inepte.

Impossible donc de ne pas sortir de la salle frustré par ce genre de processus quasi auto-destructeur, alors que cette même histoire, racontée sur 1h45, et traitant plus sérieusement le développement des situations et l'évolution des personnages, avait tout pour donner un film totalement ébouriffant.

Mais après tout, ce manque de sérieux, de... "professionalisme" n'est-il pas finalement ce que nous aimons le plus chez Quentin Dupieux ?