2022 06 03 Gilla Band Levitation J1 (3)

23h30 : grossi, barbu, adulte… Dara Kiely ne met que quelques minutes pour mettre le feu à la foule de ses fans surexcités : Gilla Band (ex Girl Band, depuis moins d’un an) ne se laisse pas impressionner par le triomphe de Morby. De toute façon, on joue dans une cour bien différente rendant toute comparaison impossible, et permettant d’aller chercher notre plaisir dans des endroits différents du corps et du cerveau. Gilla Band, régulièrement qualifié de groupe le plus important, le plus novateur de son époque, c’est une musique mi-techno (mais largement jouée en format rock band traditionnel), mi-indus, sur lequel Dara, dont on connaît les problèmes psychiatriques majeurs, harangue, récite, chantonne, murmure, et finalement hurle. Tout ça avec des accents occasionnels de désespoir qui frappent au plexus. Gilla Band, pour beaucoup – et ils n’ont pas tort – c’est juste du bruit. Et pourtant, il est difficile de résister à l’excitation qui naît au sein du chaos : il faut seulement apprendre à lâcher prise, et à admettre qu’à force d’abstraction, on peut rencontrer une sorte de vérité profonde. D’ailleurs, le festival finit par complètement lâcher prise sur le final techno de Why Did They Bury Their Bodies Under My Garage ? Une tuerie, et une conclusion parfaite à cette première journée de Levitation.