Le secret de la Cité Perdue affiche

Si l'on considère tous les ingrédients qui composent la recette de cette "Cité Perdue", de la screwball comedy portée par un couple d'antagonistes qui vont forcément finir par s'aimer au film d'aventures exotiques fantaisistes façon "A la poursuite du Diamant Vert", on était très impatients de voir ce film qui démarre d'ailleurs très bien : dialogue hilarant, rythme trépidant, personnages bien "zin-zins", on est prêts à passer un moment de plaisir simple mais pas honteux. Quand Brad Pitt apparaît, il vole littéralement la vedette - ce qui ne surprendra personne, on imagine... - et nous offre les cinq minutes les meilleures du film.

A partir de là, malheureusement, c'est comme si "le Secret de la Cité Perdue" ne se remet pas du passage de l'ouragan Brad, et si plus personne ne sait quoi faire : le scénario prend un virage catastrophique, les personnages deviennent complètement incohérents (Alan, interprété par un Channing Tatum qu'on a connu bien meilleur, passe sans explication de la bêtise abyssale à la séduction sophistiquée, ou presque...), et le film enfile les clichés ridicules - et complètement dépassés, voire désagréables - du film d'aventures du siècle dernier. Plus rien n'est logique, plus rien n'est intéressant, on somnole devant une succession crétine de scènes aberrantes, et on grince même des dents quand le film, sur la fin, abandonne le registre de l'humpur parodique (pas excellent, on l'a dit...) pour celui de l'émotion dégoulinante.

Conscients qu'ils ont pondu une belle bouse, Aaron et Adam Nee, dans une scène très méta, nous font alors la leçon : "ne soyez pas arrogants, ne méprisez pas les divertissements populaires". Nous, on veut bien, mais dans le mot "divertissement", il y a "divertir", non ? Ce que "le Secret de la Cité Perdue" échoue largement à faire pendant une bonne moitié du temps.

PS : Nous ne nous apesantirons pas, par pure bienveillance, sur un nouveau rôle catastrophique de Daniel Radcliffe, comme toujours incapable de conférer la moindre crédibilité ni le mondre charisme à son personnage.

PPS : Ma fille de 10 ans était elle aussi outrée en sortant du film : "Mais pourquoi ils ont appelé ça "la Cité Perdue" alors que la cité - d'ailleurs retrouvée - ne joue aucun rôle dans l'histoire ?". Comme quoi, les enfants...