GLOW ON

Tout le monde, loin de là, n’aime pas le « hardcore » US : au-delà de ceux qui n’apprécient pas le bruit et la violence extrême qui est au centre de cette musique, nombreux sont aussi ceux qui, biberonnés au punk rock anglais – gardant souvent une certaine préoccupation mélodique – redoutent le versant heavy metal, les vocaux en forme de hurlements, et surtout l’aspect peu sophistiqué d’une musique dont la seule évolution notable, dans les années 90, a été de fusionner avec le rap. Tout cela pourrait bien changer avec la montée en puissance – et en renommée – de 

Tout le monde, loin de là, n’aime pas le « hardcore » US : au-delà de ceux qui n’apprécient pas le bruit et la violence extrême qui est au centre de cette musique, nombreux sont aussi ceux qui, biberonnés au punk rock anglais – gardant souvent une certaine préoccupation mélodique – redoutent le versant heavy metal, les vocaux en forme de hurlements, et surtout l’aspect peu sophistiqué d’une musique dont la seule évolution notable, dans les années 90, a été de fusionner avec le rap. Tout cela pourrait bien changer avec la montée en puissance – et en renommée – de Turnstile, le groupe de Baltimore dont de plus en plus de gens parlent, et en bien…

"GLOW ON", avec sa pochette rose et rêveuse assez étonnante pour un album de hardcore, est le troisième album de Turnstile, et de l’avis général leur plus réussi : car le défi relevé par la bande à Brendan Yates est de rendre leur musique plus… attrayante, plus variée, plus riche, sans rien sacrifier de sa violence, de sa détermination à nous frapper inlassablement au plexus. Pour ce faire, Turnstile va explorer ici, et sans aucun complexe, une hybridation entre leur musique et une multitude de styles qu’on aurait du mal à lui associer naturellement : dans le tourbillon sonique provoqué par l’enchaînement forcené de chansons de deux minutes, on passe donc sans transition du Power Pop le plus mélodique (les refrains de "HOLIDAY" ou de "ENDLESS") ou le plus speedé ("HUMANOID") à l’Indie Rock le plus psychédélique ("UNDERWATER BOI"), on évoque le lyrisme post-punk ("BLACKOUT") ou ses tendances « mecanic-pop » ("DANCE-OFF" renvoie aux premiers singles de XTC !), on honore les synthés liquides d’un prog rock vaguement jazzy (l’intro des brûlots "MYSTERY" ou "HOLIDAY"), on frôle la Dream Pop ("LONELY DEZIRES" avec la collaboration de Blood Orange), on drague même les ambiances commerciales du R&B ("ALIEN LOVE CALL", magnifique d’ailleurs, encore avec Blood Orange), on tire son chapeau à un Classic Rock millésimé tout en y injectant un rythme de samba ("WILD WRLD")… Mais dans tous les cas, Turnstile ne perd jamais son identité, qui à chaque fois revient en force, et explose encore et encore sous les oripeaux musicaux que le groupe enfile et essaie comme si l’on avait affaire à une grande fête costumée.

Car si l’on essaie de résumer l’essence de la musique de Turnstile, il s’agit avant tout, comme toujours, mais avec de plus en plus de sophistication sans doute, de déverser sur les auditeurs une musique à la fois excitante et positive, qui adresse des questions… existentielles (oui, oui…) en donnant en permanence envie de danser. Une musique qui soit à la fois brutale et aérienne, terrienne et synthétique. Une musique qui reste du hardcore mais ne ressemble finalement plus à rien d’autre dans le genre.

"GLOW ON" est probablement l’un des albums les plus ambitieux sortis en 2021, mais personne ne se prendra inutilement la tête en l’écoutant : l’efficacité des riffs de guitare est imparable, les rythmiques sont infernales, le headbanging est garanti, mais le sourire ne quitte jamais notre visage.

, le groupe de Baltimore dont de plus en plus de gens parlent, et en bien…

"GLOW ON", avec sa pochette rose et rêveuse assez étonnante pour un album de hardcore, est le troisième album de Turnstile, et de l’avis général leur plus réussi : car le défi relevé par la bande à Brendan Yates est de rendre leur musique plus… attrayante, plus variée, plus riche, sans rien sacrifier de sa violence, de sa détermination à nous frapper inlassablement au plexus. Pour ce faire, Turnstile va explorer ici, et sans aucun complexe, une hybridation entre leur musique et une multitude de styles qu’on aurait du mal à lui associer naturellement : dans le tourbillon sonique provoqué par l’enchaînement forcené de chansons de deux minutes, on passe donc sans transition du Power Pop le plus mélodique (les refrains de "HOLIDAY" ou de "ENDLESS") ou le plus speedé ("HUMANOID") à l’Indie Rock le plus psychédélique ("UNDERWATER BOI"), on évoque le lyrisme post-punk ("BLACKOUT") ou ses tendances « mecanic-pop » ("DANCE-OFF" renvoie aux premiers singles de XTC !), on honore les synthés liquides d’un prog rock vaguement jazzy (l’intro des brûlots "MYSTERY" ou "HOLIDAY"), on frôle la Dream Pop ("LONELY DEZIRES" avec la collaboration de Blood Orange), on drague même les ambiances commerciales du R&B ("ALIEN LOVE CALL", magnifique d’ailleurs, encore avec Blood Orange), on tire son chapeau à un Classic Rock millésimé tout en y injectant un rythme de samba ("WILD WRLD")… Mais dans tous les cas, Turnstile ne perd jamais son identité, qui à chaque fois revient en force, et explose encore et encore sous les oripeaux musicaux que le groupe enfile et essaie comme si l’on avait affaire à une grande fête costumée.

Car si l’on essaie de résumer l’essence de la musique de Turnstile, il s’agit avant tout, comme toujours, mais avec de plus en plus de sophistication sans doute, de déverser sur les auditeurs une musique à la fois excitante et positive, qui adresse des questions… existentielles (oui, oui…) en donnant en permanence envie de danser. Une musique qui soit à la fois brutale et aérienne, terrienne et synthétique. Une musique qui reste du hardcore mais ne ressemble finalement plus à rien d’autre dans le genre.

"GLOW ON" est probablement l’un des albums les plus ambitieux sortis en 2021, mais personne ne se prendra inutilement la tête en l’écoutant : l’efficacité des riffs de guitare est imparable, les rythmiques sont infernales, le headbanging est garanti, mais le sourire ne quitte jamais notre visage.