Succession Saison 3 Affiche

Cette troisième saison de "Succession", la série sur les gens qu'on aime le plus haïr et mépriser, et qui, quelque part, nous venge de ne pas être nous-mêmes milliardaires et tous puissants (puisque nous sommes, nous, tellement plus intelligents et gentils que les membres de la famille Murdoch... pardon, Roy !), commence très mal. Et continue encore plus mal. En ne faisant pas grand chose d'intéressant de la rupture consommée à la fin de la seconde saison entre Kendall et le reste de la famille, puis en alignant plusieurs épisodes qui semblent répéter ad nauseam les mécanismes déjà amplement mis en œuvre lors des deux premières saison, la déception, et même par instants, l'ennui sont au rendez-vous. Même si le propos de Jesse Armstrong et de ses scénaristes reste terriblement pertinent (on pense particulièrement à cet épisode où les Roy soutiennent un candidate à la Présidence d'extrême-droite, qui leur semble le plus à même de favoriser leurs intérêts financiers...), on a l'impression que "Succession" ronronne un peu paresseusement.

Et puis voilà que tout bascule, au septième épisode, terrible description de la solitude extrême d'un homme "au sommet" réalisant lors de sa fête d'anniversaire des plus "bling bling" l'horreur de son existence (Jeremy Strong y est formidable !). Et arrivent les deux dernières épisodes de la saison, sans doute les deux meilleurs de toute la série. Le basculement radical de la situation de la famille survient avec une brutalité qui pourrait être qualifiée de "twist scénaristique", s'il n'était au contraire d'une pure et simple logique par rapport à tout ce qui a précédé. Et ce basculement s'accompagne d'une redéfinition profonde des rapports entre tous les membres de la famille, transformant la fin de la saison en tremblement de terre, dont même le spectateur ne sort pas indemne.

De la pure magie.