2021 11 30 Baxter Dury Yoyo (28)

22h05 : Baxter Dury, crinière blanche abondante et barbe blanche, monte seul sur scène et se lance dans un DOA qui lui permet de poser clairement les bases du set : décontraction et dilettantisme ironique – parfois à la limite de la moquerie -, storytelling distancié sur des beats accrocheurs, et… effets vestimentaires ! Pendant les 50 minutes de son set, Baxter passera son temps à se déshabiller et à se rhabiller, comme pour passer le temps entre les moments où il est forcé de chanter… ou de parler. Avec ou sans turban improvisé, avec ou sans veste, la chemise déboutonnée ou au contraire boutonnée jusqu’au cou, on aura droit à Baxter dans tous ses états (y compris, bien entendu la bière à la main…). Toujours vaguement à la limite de la ringardise, avec ce sens du second degré qui pointe pourtant des comportements réels, Baxter nous offre non seulement dans ses textes, mais par sa présence physique, une sorte de petit théâtre de l’humanité contemporaine.

Quand ses musiciens montent sur scène, avec en particulier la charismatique Madelaine Hart, qui va apporter sa voix superbe à la majorité des chansons, le concert prend son envol, et on peut même dire atteindre de temps en temps une véritable magie : Pleasure voit le public du Yoyo totalement engagé avec Baxter, le merveilleux – on pèse nos mots en disant ça – Miami est un grand moment de splendeur, d’émotion et d’humour à la fois, et permet au set de monter en puissance. Convainquant totalement les indécis ou ceux qui ne connaissaient pas bien Baxter. Si l’on peut regretter l’utilisation occasionnelle de musique préenregistrée pour appuyer le groupe, on doit bien admettre que, ce soir, Baxter est très en forme, avec ce délicat équilibre entre sincérité et second degré qui le rend tellement singulier. On se quitte sur un (Baxter) These Are My Friends jovial, et une sorte de déclaration d’amour – plus ou moins convaincante, d’ailleurs - aux Français…