2021 10 22 Whispering Sons Le Plan (22)

21h20 : Le quintet bruxellois – originaire en fait de Limbourg - dont tout le monde parle, et qui est donc plus ou moins en pole position dans la riche scène Rock de Belgique, n’attirant guère qu’une centaine de personnes dans une salle de banlieue parisienne, c’est quand même rageant ! Et je pense que, comme pour Marietta, il y aura une certaine frustration à jouer devant une salle à peine pleine… Qui nous privera sans doute, nous qui sommes là, de la pleine intensité que ce groupe à la réputation impeccable est capable de délivrer. Nous n’aurons également droit qu’à une seule chanson en rappel, au lieu des trois habituelles…

Mais bon, même comme ça, ce que nous avons pu voir et entendre de Whispering Sons est impressionnant, très impressionnant même : quatre garçons et une fille tout de noir vêtus, suivant les règles du genre, une musique sombre, austère, pleine de tension et d’intensité, explosant de temps à autre dans de brèves explosions libératrices. Le modèle scénique de Fenne Kuppens, la blonde et… « sinistre » chanteuse, est néanmoins plus le Nick Cave de Birthday Party que Ian Curtis… même si les tonalités masculines de son chant très neutre peuvent évoquer aussi Nico… Et les claviers ont une importance centrale dans la musique du groupe, prenant régulièrement le dessus par rapport à la guitare de Kobe Lijnen.

2021 10 22 Whispering Sons Le Plan (14)

La première explosion de violence se produit dès la fin du fabuleux Heat, et on se prépare donc instinctivement à vivre un set intense… La première demi-heure sera pourtant assez calme, jouant plus sur la répétition des motifs et sur une électronique sombre et une rythmique hypnotique (comme sur le final envoûtant de Wounded : « I walk Out Clean, set back to work, I do not stir, set back to work… »). Alone a la solennité classique de la cold wave, et sa combinaison mélodie – guitare carillonnante peut même rappeler les premiers efforts d’Editors.

C’est évidemment le redoutable Surface avec son rythme plus rapide et la voix de Fenne qui s’emballe (« So Close, so close… Suck Me In ! Suck Me In ! ») qui emporte complètement le morceau, enflamme le public et ouvre la voie à une dernière demi-heure très réussie, jusqu’à la conclusion logique – et envoûtante – de l’enchaînement Satantango / Surgery. Et nous n’avons malheureusement droit qu’à un seul titre en rappel, avec un goût de trop peu, alors qu’il n’est que 22h20, et que nous étions bien partis pour prolonger cette belle soirée.

En tous cas, malgré ce léger manque (possible) d’enthousiasme du groupe, et une guitare qui aurait supporté d’être mixée un peu plus en avant – surtout après la lave incandescente qu’avait déversé sur nous Marietta, sans pitié, lui, pour nos oreilles -, Whispering Sons ont confirmé ce soir leur excellence.