2021 10 03 Françoiz Breut Café de la Danse (5)

21h : Françoiz Breut, les cheveux relevés en chignon, vêtue d'un court kimono rouge et d'un short de cycliste, déboule avec son nouveau groupe - claviers, aux mains du brillant Marc Mélià, prépondérants comme dans le dernier album, guitare/basse et batterie -, pleine d'allant, tout sourire (au risque parfois de paraître minauder un peu trop…). Bien des années ont passé depuis ses débuts, mais Françoiz garde la même présence lumineuse, à la fois légère, gaie et intense quand il le faut. Le son est très précis, très clair, permettant de jouer des atmosphères changeantes des chansons. Car si une certaine mélancolie distante prime, là encore comme sur Flux Flou de la Foule, il y aura de temps en temps des décrochages qui feront le sel de la soirée : le superbe moment de sensualité de Mes péchés s’accumulent, avec le renfort d’un saxo sensuel, est d'ailleurs le premier sommet du concert.

Les textes des chansons de Françoiz sont avant tout poétiques, et parlent surtout d’elle et de nous au niveau intime, elles ne reculent pas devant les prises de positions politiques (comme Juste de Passage avec ses références aux migrants) ou écologiques (la Fissure, sur les centrales nucléaires en mauvais état : « il y a une faille sur le béton / elle se lézarde, la fêlure / le réacteur est en fusion / on ferme les yeux sur les fissures »). Mais, au-delà des « messages », aussi nécessaires soient-ils, c'est un plaisir de voir Françoiz nous gratifier régulièrement de petites danses, jusqu'à se déchaîner, les cheveux défaits, sur le très rock Vingt à trente mille jours. Puis elle descend dans la fosse chanter Si Tu Disais avec le public, avant de terminer sur le romantique Fantôme du lac.

Le rappel sera parfait, avec le raide le Ravin, dont on apprécie toujours la radicale franchise (« Tu veux sauter - mon amour / Je vais prendre un autre chemin / Et chercher un détour / Il faut lâcher ma main / Mon amour, rendez-vous au fond du ravin »), puis avec le crescendo électrique de Derrière le Grand Filtre, final enivrant, qu'on aimerait encore plus long et plus... sonique.

Un beau dimanche soir que l'on aurait aimé partager avec plus de gens, le Café de la Danse n'ayant pas affiché complet, et une partie du public ayant préféré le confort des gradins à la possibilité de danser dans la fosse. Françoiz Breut mérite plus d'engagement que ça !