2021 09 25 Têtes Raides Le Plan (35)

21h00 : La salle s’est maintenant bien remplie, heureusement, et le set de Têtes Raides commence de la même manière que celui de l'Olympia - à la différence, notable, que Christian semble plus détendu, plus souriant, plus joueur - ce qui fait que je m'interroge un peu sur cette orientation différente promise. Et puis voilà, au 6ème morceau, c'est le Frisson, suivi de La Liberté, qui déboulent : je suis évidemment aux anges, aimant beaucoup le nouvel album. Néanmoins, le côté négatif de la chose, c’est que le public, dans son immense majorité, ne connaît pas les titres, et on sent que l'ambiance retombe un tantinet. Au final, Têtes Raides nous offriront 10 morceaux du nouvel album (… sur 12), jusqu'à l'intense Je Ne Veux Pas en ouverture du rappel, avec le même résultat à chaque fois : un enthousiasme moins grand du public, qui attend avec impatience de retrouver le répertoire plus connu du groupe.

D'une manière générale, d’ailleurs, le public, comme c'est souvent le cas quand on sort de Paris, se montre plus sage : pas de pogo général à la fin de Gino, par exemple, et Christian reviendra régulièrement à la charge avec ses "Oh ? Ris Orangis ?" pour réclamer un peu plus d'ambiance. Du coup, je trouve que moins d'émotion se dégagera, en fait, du set que je l'avais espéré… Et surtout que la dernière fois, dans une Olympia qui avait été littéralement emportée par la musique.

Les sommets d'un set très généreux qui dépassera cette fois les deux heures auront été, à mon sens, une version colérique, intense et très rock du Déserteur de Boris Vian, et lors du rappel, une interprétation particulièrement sensible du merveilleux St Vincent. Mais les appels de Christian à défendre la culture sous toutes ses formes après le désastre qu’aura été la pandémie pour les artistes, et surtout la pertinence actuelle – dans une France où un Zemmour peut prétendre être candidat à la Présidence – d’un refrain comme celui de l’Iditenté (« Que Paris est beau, quand chantent les oiseaux / Que Paris est laid quand il se croit français ! ») nous rappellent que, au-delà de cette poésie si singulière qui est celle des Têtes Raides, on a toujours affaire à une musique de combat.