Attention au départ affiche

Bon, j'ai une bonne excuse pour être allé voir en salle "Attention au Départ !", comédie familiale ratée dans les grandes largeurs - au point d'en être souvent gênante : ma fille de 10 ans a déclaré avoir passé l'âge des "films pour enfants" (un soulagement !) et être désormais adepte des comédies (un nouveau motif d'accablement). Et puis, quelque part, se confronter de temps en temps à ce genre de film permet de réaliser combien, en bon cinéphile, on a tendance à être trop exigeant face à des réalisateurs qui au moins 1) ont quelque chose à raconter 2) savent faire leur travail...

Ici, on est bien en peine de trouver quoi que ce soit à défendre : à partir d'un mécanisme intéressant de road-movie avec deux personnages sur les routes de France à la poursuite d'un train dans lequel les enfants dont ils avaient la charge sont livrés à eux-mêmes, l'écriture ne traduit qu'un vaste laisser-aller, avec un enchaînement chaotique de situations qui, même lorsqu'elles sont potentiellement drôles, ne sont jamais amenées correctement, puis sont systématiquement abandonnées, désamorcées pour passer à autre chose, comme dans un marabout-d'ficelle inepte ; la mise en scène, si essentielle lorsque l'on prétend faire rire, traduit une déficience permanente de timing, de rythme, mais également de point de vue, se limitant à une illustration plate du scénario ; les dialogues sonnent faux, et mettent les acteurs dans la position très inconfortable de réciter des textes creux, voire idiots, sans que clairement ils puissent bénéficier d'aucune direction de la part de Benjamin Euvrart.

En résumé, on n'est pas loin du degré zéro du cinéma populaire, et même le charme naturel d'un Dussollier semble se dissoudre dans cet environnement d'incompétence générale. Le dénommé Jérôme Commandeur, que je n'avais encore jamais vu jouer, mais qui me semblait bénéficier d'une bonne réputation comme humoriste, est constamment aux fraises, et se ridiculise en permanence, au point qu'on peut douter qu'on lui propose par la suite un autre projet ! Pire, on souffre pour les enfants, plutôt bien choisis, et parmi lesquels on distingue en particulier le jeune Ferdinand Leclère, et qui doivent bien se demander pourquoi on leur demande d'être aussi incohérents...

J'ai envie de dire qu'on ne m'y reprendra pas, mais j'ai bien peur d'avoir encore à dire oui lorsque ma fille me demandera de l'emmener au cinéma voir "un film qui fait rire...". Pauvre de moi !