Blood Red Sky Affiche

Certains se souviennent peut-être du buzz qui avait entouré il y a une quinzaine d’années le pitch de des Serpents dans l’Avion, rapidement suivi par une grosse déception devant un film sans intérêt. Toujours à la recherche d’idées nouvelles, les scénaristes en surchauffe se sont dit que le Dernier Train pour Busan ayant fait un triomphe, on pouvait remplacer avec succès un train par un avion et des zombies par des vampires. Ecrit en Allemagne, tourné en République Tchèque, largement dialogué en anglais et diffusé par Netflix, Blood Red Sky est une nouvelle démonstration que les bonnes (?) idées de départ ne font pas les bons films, quand tout le reste ou presque lâche en cours de route…

Une mère (interprétée par une actrice allemande, Peri Baumeister qui a un petit air de Noomi Rapace mais n’en possède ni le talent ni la présence), qui se rend aux US en compagnie de son fils pour se faire soigner d’une maladie rare, monte dans un avion qui va être détourné par de curieux faux terroristes : une situation désespérée qui va entraîner de sa part une réaction tout aussi désespérée, et à partir de là, tout va dégénérer, pour le pire, bien entendu. Les premières quarante-cinq minutes du film fonctionnent comme prévu, alternant le récit forcément stressant de la prise des passagers en otages, avec en sus un psychopathe complet parmi les terroristes, et la découverte de la source de la « maladie » de notre héroïne : de la série B, certes, mais sans qu’il n’y ait aucune honte à en profiter. Et puis, peu à peu, le film, qui s’avère vite fastidieux, se perd en route, et génère un ennui de plus en plus flagrant.

Il y a d’abord le problème classique de la perte de repères topographiques pour le spectateur qui, du coup ne s’implique que peu aux mécanismes classiques de la résolution de problèmes successifs au côté des protagonistes assiégés : si l’on ne comprend pas qui est où, les mouvements continuels des uns et des autres perdent rapidement de l’intérêt, et c’est pourtant là une faute assez habituelle chez des scénaristes inexpérimentés. Vient ensuite l’accumulation croissante de scènes répétitives, dont on veut bien admettre que le but est d’augmenter notre sentiment d’horreur devant la multiplication des vampires et des morts violentes, mais qui conduit surtout à une fatigue croissante : en réduisant la durée excessive du film d’une bonne demi-heure, on aurait peut-être eu quelque chose de plus acceptable… Même s’il reste encore, et c’est là, on le sait, le gros défaut de nombres de productions opportunistes actuelles, les trous dans le script et les invraisemblances qui se ramassent à la pelle.

Les passagers du vol, membres de l’équipage et du commando sont tous déclinés comme les archétypes bien commodes – et rassurants – du genre : entre le broker obsédé par l’argent et évidemment égoïste, le bon samaritain d’origine arabe qui restera in fine le dernier vestige d’une humanité bien désespérante ici (et on rajoute dans le lot les militaires écossais prompts à défourailler sur tout ce qui bouge) et le criminel psychopathe au comportement absurde et incohérent, il n’y a pas grand-chose à sauver d’une galerie de portraits sans aucune profondeur. La question, qui aurait dû être déchirante, de l’amour entre une mère monstrueuse luttant pour conserver une part d’humanité et son fils prêt à tout pour elle, aurait pu ajouter au film ce côté humain, voire un aspect réellement dramatique qui lui fait gravement défaut… mais il aurait fallu pour cela un réalisateur plus consistant que le dénommé Peter Thorwarth.