2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (16)

Cette soirée (ou cette fin d’après-midi plutôt) « Secret Garden » a été organisée par l’association Life is a Minestrone : dans un jardin donc, et à une adresse, en Région Parisienne, tenue secrète (sauf bien entendu pour ceux qui avaient confirmé leur présence) ! C’est une chance à ne pas manquer de voir et d’entendre Olivier interpréter pour la première fois l’intégralité – ou presque – de son Olivier Rocabois Goes Too Far en live.

Après des semaines de grisaille, de froid et de pluie, le soleil a miraculeusement fait son apparition cet après-midi : les conditions sont idéales, dans ce beau jardin où des poules assez étranges vaquent à leurs occupations, et où une vingtaine d’invités ont pris place, un verre à la main pour la plupart, pour savourer en direct la beauté de ces chansons à l’humeur romantique et souvent joliment « excessives ».

Olivier est à la guitare acoustique et accompagné par son complice, virtuose et pince-sans-rire, Jan Stümke aux claviers : Olivier porte la même chemise hawaïenne que dans son dernier clip, celui de High is High. Quant à Jan, il est d’une classe folle avec son costar et sa pochette. Si l’on se dit que ça va être a priori un défi de reproduire à deux un album aussi riche, aussi foisonnant que …Goes Too Far à deux, dès le réjouissant High is High, qui vient en second après une intro un peu prudente avec une chanson plus ancienne, on sait que non, pas du tout : la combinaison guitare – piano et la voix vite magnifique d’Olivier (après un démarrage timide où l’on a senti que le « performer » avait perdu l’habitude de chanter face à un public), font naître dans nos têtes des sensations grandioses, symphoniques parfois même.

En se concentrant – ce qui n’est pas facile en plein jour, il faut bien l’admettre –, on retrouve intacte l’émotion que l’on a ressentie en découvrant Sound of Waves, le premier morceau de l’album : ce sentiment de splendeur qui fait que l’on classe désormais Olivier très haut dans la liste de nos compositeurs actuels préférés. Bon, il faut reconnaître qu’il y a indiscutablement quelque chose de Divine Comedy dans la musique d’Olivier, mais on parle de convergence plutôt que d’inspiration… Hometown Boys est le premier sommet du set, avec un final qui soulève littéralement l’âme, une chanson que l’on attend avec impatience de voir jouée sur scène avec tous les musiciens de l’album !

« Je suis super intimidé, en fait… » nous avoue Olivier. D’ailleurs Alors, sur Arise Sir Richard, sa chanson clin d’œil à Ringo Starr dont le texte est plus que conséquent, paf ! Le trou de mémoire ! Pas grave, on reprend au début, personne ne s’en plaindra – et puis le piano est sublime sur cette chanson… Et la meilleure manière de se décontracter, c’est bien sûr de plaisanter : les vannes fusent entre Olivier, Jan, nos hôtes et le public.

2021 07 17 Olivier Rocabois Secret Garden (20)

Arrive « Une valse en si mineur, The Whip of Chimene ! ». Il s’agit en fait de Ship of Women, un morceau qui survit même à l’amputation de ses cordes pourtant si bouleversantes, grâce à sa mélodie aux airs de chanson de marins bretons et grâce à son texte étonnant (« You are a postman / Thinking he's a rockstar / You're a plumber / Self-convinced he'll become a pornstar / Cause we're underused / Life is very short / We need something more »). Bref, second gros coup de cœur du set…

Si Let Me Laugh Like a Drunk Witch nous est vendue comme « une chanson aussi énergisante que du Weetabix » (hein ?), on se régalera encore bien plus sur la reprise du The Mole from the Ministry, présentée par Olivier comme « une chanson sur l’espionnage et les drogues de synthèse », des Dukes of the Stratosphear (alias XTC, pour ceux qui l’ignoreraient) : dépouillé de ses bizarreries psychédélico-délirantes, c’est un joyau pop dont Olivier sublime la mélodie pour nous.

Après un Coming of Spring en « hommage à Jim Morrison », il est temps de boucler le set (cela fait plus d’une heure qu’on savoure cette musique étonnante…) avec I’d Like to Make My Exit with Panache… Et My Wounds Started Healing, seul absent de l’album sur la setlist, alors ? Olivier expliquera qu’il faut vraiment plus de musiciens pour le jouer, on attendra donc le passage sur scène avec un groupe, prévu pour septembre.

On se quitte avec un vrai / faux rappel, Over the Moon, une « chanson maudite enregistrée 3 fois en 4 ans... » et visiblement aimée par les fidèles qui sont là… puis en se donnant rendez-vous pour très, très bientôt.