2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo (5)

21h45 : « Nous sommes Fuzzy Vox, de Joinville-le-Pont », « Ça fait un an et demi que nous n’avons pas donné de concert ! », « Nous avons fait comme tout le monde, sorti un album en période de confinement, ce n’était peut-être pas une bonne idée ». On avait entendu dire beaucoup de bien du trio Fuzzy Vox, dont la musique était décrite souvent comme du garage rock, du rockabilly, et on ne sait quoi encore... Ah oui, de la déconne ! Et de fait, après quelques sourires bizarres qui laissent augurer du meilleur, Hugo Fabbri démarre avec un Free aux bonnes sonorités garage qui mettent de bonne humeur. On voit immédiatement que Hugo est né pour être là, sur la scène : il bouge bien, il harangue les spectateurs vite massés contre la barrière comme s’il s’agissait de potes de toujours qu’il peut inciter sans crainte à « foutre le bordel ». Bref il dégage à la fois une sympathie immédiate et une vraie prestance. Avec lui, une section rythmique à l’efficacité sans faille, avec mention particulière pour le batteur à l’excellente technique et qui prend feu régulièrement.

Mais le meilleur chez Fuzzy Vox, et c’est un plaisir de pouvoir dire ça, ce n’est même pas l’énergie qu’ils dégagent (sur la fin, je penserai même un peu aux Fleshtones, sans même mentionner le cérémonial de la célébration de la batterie, pompé (?) sur les maîtres du garage rock). Non, le meilleur, ce sont les chansons, ce qu’on n’écrit pas si souvent que ça à propos de la jeune et dynamique scène Rock française. Dès Stay Here, avec son rythme syncopé et ses dissonances qui évoquent une sorte de mélange entre le premier XTC et le Blur de “Parklife”, on peut dire qu’on est tous emballés ! Starkiller, qui suit, est une véritable bombe, qui donne furieusement envie d’écouter “Program & Control”, ce fameux album à l’excellente réputation sorti en début d’année… Un album que le groupe annonce d’ailleurs jouer dans son intégralité et dans l’ordre ce soir !

2021 07 02 Fuzzy Vox Supersonic @ Trabendo (27)

Si Spaceship et Charm – ce dernier avec un très beau final qui monte en puissance – ralentissent un peu l’allure, la suite va faire exploser littéralement la Terrasse du Trabendo, transformée en gigantesque moshpit, nous obligeant à nous accrocher aux barrières qui ont bien du mal à résister à la pression. Pour présenter Endless Conversations, Hugo annonce qu’il parle beaucoup lui-même, et nous suggère de lui crier de « fermer sa gueule » : du coup « Ferme ta gueule ! » deviendra le slogan de la soirée. Quand Mario Kart, célébration du jeu vidéo démarre, Hugo repère une jeune femme aux cheveux bleus en train de slammer et nous prévient : « Si vous la laissez redescendre, on arrête la chanson ! ». Et bien sûr, c’est ce qui se passe… La chanson doit reprendre à son début, et la jeune fille finit propulsée sur scène, et Lola – c’est son nom, nous l’apprendrons vite – terminera le concert comme membre du groupe à part entière, un tambourin à la main. Rien à dire, ces mecs ont vraiment un bon esprit !

Reggaeton chante leur haine – et la nôtre – de la musique du même nom, avant que le set ne se termine sur un Let You Go surprenant, aux accents soul, mais aussi très pop britannique des sixties, voire des seventies. Décidément, Fuzzy Vox a plusieurs cordes à son arc. Rappel mérité, alors que le public ne se calme pas, un rappel qui se termine façon classic rock sur des solos de guitare, de basse et de batterie, pour la plus grande joie de tous.

1h15 de bonnes chansons et d’énergie positive, une soirée de Rock exemplaire, et encore un excellent groupe à rajouter à notre longue liste de gens à suivre. Décidément, et même si nous avons manqué l’ouverture la veille avec Johnny Mafia, l’été au Parc de la Villette s’annonce bien !