Lupin P2 affiche

Nous avions quitté notre ami Assane Diop en pleine débâcle à Etretat, mais nous étions bien entendu confiants dans les capacités de notre Lupin Ver 2.0 à se sortir de n’importe quelle situation désespérée, comme dans tous les bons romans de Maurice Leblanc… Alors qu’allait-il se passer ?

Eh bien, pas grand-chose en fait ! Grève des scénaristes ? Effet pervers de l’épuisement lié au reconfinement ? Toujours est-il que cette nouvelle salve d’épisodes se traîne misérablement, au moins jusqu’à l’épisode final, pas trop crédible mais retrouvant au moins un peu du panache indissociable du « mythe Lupin ». On s’ennuie, on s’ennuie devant le manque de fil conducteur de l’intrigue, devant ses flashbacks vers l’adolescence d’Assane qui n’ont qu’un faible intérêt (l’histoire de la carte des Catacombes, par exemple, n’aurait pas mérité plus de quelques minutes…), devant le des rebondissements aussi faibles qu’improbables. Du coup, on a tout le temps de remarquer les faiblesses d’une interprétation manquant de plus en plus de conviction – Omar Sy ne sait clairement pas vraiment quoi faire de son personnage, mais le reste du casting est au diapason – ou d’une mise en scène digne des téléfilms de notre enfance, voire même, allez, osons l’amalgame, des programmes passe-partout de TF1.

Du coup, "Lupin" se transforme en un dépliant touristique vantant les charmes de Paris, curieusement beaucoup moins sale et embouteillée à l’écran que dans notre réalité quotidienne, afin de ramener les touristes après la fin de la pandémie : et que je te visite les Catacombes, et que je te fais du scooter sur les quais en face de ce qui reste de Notre-Dame (pas trop montrée à l’écran, et c’est logique), et qu’on se donne rendez-vous au sommet des Buttes-Chaumont, et que je me promène des Puces à la Place Vendôme, et que je te fais un tour de la Place de l’Etoile vidée de sa circulation en pleine nuit. N’en jetez plus !

Quant au sous-texte amusant qui voyait dans les premiers épisodes combien la quasi-invisibilité du prolétariat africain pouvait jouer en faveur de Lupin, il s’est transformé ici en démonstration bien lourde du racisme des Français moyens (je suis sûr que les Normands apprécieront !). Si l’on y ajoute un sujet qui met en exergue un « tous pourris » – les hommes de pouvoir, la police, les médias – bien simpliste, "Lupin" est devenu malheureusement une série aussi maladroite que pas très sympathique.

Que nous reste-t-il désormais à nous, fans de l’œuvre de Maurice Leblanc, pour soigner notre nostalgie d’un personnage extraordinaire qui s’avère une fois de plus trahi à l’écran ? Un numéro de chambre d’un palace parisien, le 813 bien sûr, filmé avec insistance, comme pauvre clin d’œil racoleur de la part d’une série qui s’est dégonflée comme la baudruche qu’elle était.

Et l’annonce d’une troisième partie n’est pas faite pour nous réjouir.