Dix Pour Cent S4 affiche

Produite par Netflix, la quatrième saison de "Dix pour Cent" souffre un peu du syndrome de la redite de trop, chacun des fils narratifs ayant déjà largement dépassé sa date de péremption, et ne pouvant guère déboucher sur grand-chose de nouveau : on déplorera même que Mathias, qui semblait pourtant superbement irrécupérable, décide finalement de se racheter une conduite à la suite d’une crise cardiaque, ce qui caresse un peu trop le spectateur dans le sens du poil et trahit une naïveté consensuelle désolante !

Cette saison, tout au moins jusqu’à son dernier épisode sur lequel on reviendra, tient donc avant tout sur le charisme de certaines des « guest stars » : Sigourney Weaver emporte tous les suffrages dans le cinquième épisode où elle se « vend » non sans auto-dérision comme une septuagénaire croqueuse de minets ; Sandrine Kimberlain ne craint pas le ridicule en se représentant comme mauvaise comique de stand up ou faisant de la capoeira dans les rues de Paris ; José Garcia se montre sous un jour inhabituel en amoureux passionné et pusillanime… Bref, une fois de plus, beaucoup de très bonnes scènes, drôles ou émouvantes pour maintenir notre intérêt, jusqu’à ce fameux épisode final qui semble diviser les téléspectateurs – peut-être à cause d’une prestation qu’on oubliera vite de Jean Reno

Pourtant, il y a quelque chose de courageux dans la manière dont "Dix pour Cent" fait le choix final de l’échec, du désastre même : à la fin de cette saison, ce sont, comme dans la vie, les « méchants » qui gagnent (Anne Marivin, vénéneuse, est d’ailleurs superbe…), et il ne reste aux vaincus plus qu’à disparaître, à s’imaginer d’autres vies ou à accepter les mauvais compromis qu’on leur offre. Cette tristesse grisâtre, que diffuse la conclusion de la saison, ce sentiment que, même si l’on a perdu sur quasi tous les tableaux – sentimental, professionnel, familial – la vie continuera, avec ou sans nous, fait le prix d’une série qu’il est facile de négliger sous prétexte de sa popularité, mais qui a fini par nous dire quelque chose sur notre monde. Et sur nous-mêmes.

PS : on écrit ça, satisfaits d’une conclusion intelligente à cette série, et puis on apprend qu’une cinquième saison pourrait bien exister. Déception…