MIB International affiche

A sa manière, et sans vouloir exagérément "charger la barque", "Men In Black : International" est caractéristique de tout ce qui ne va plus à Hollywood depuis une vingtaine d'années. Non pas que le film du peu doué F. Gary Gray, produit comme les précédents MIB par Amblin (mais aussi par les Chinois de Tencent, qui a pour ambition de dévorer plusieurs studios hollywoodiens...), soit particulièrement mauvais. Il est juste totalement anodin, ayant perdu en route tout ce qui faisait le charme de la série, même dans ses plus mauvais moments. Mal reçu par la critique unanime, boudé par le public, le film s'est néanmoins rentabilisé à l'international, ce qui a dû satisfaire les financiers qui ont remplacé les "moguls" d'antan.

Sur l'écran, on ne peut que constater l'application sans génie - voire même avec trop peu de talent - de recettes "standards" et éprouvées : on recopie sans imagination les éléments caractéristiques des films précédents (extra-terrestres amusants, armes brillantes, moyens de déplacement absurdes, mcGuffin sous forme de planète miniaturisée), on y rajoute de l'international pour l'exotisme clicheteux (Marrakech crado, Paris digitalisé et détestable - l'une des premières phrases du film, histoire qu'il n'y ait aucun malentendu -, Londres comme colonie américaine reprise en main à la fin par les bataillons US, l'Italie en décor de carte postale...), et de la pub pour les voitures chères (Lexus finance, F. Gary Gray filme leurs "belles automobiles" avec un soin qu'il n'accorde pas à ses acteurs). On recycle aussi les idées des concurrents de Disney / Marvel en reprenant un couple Chris Hemsworth / Tessa Thompson qui ne fonctionne absolument pas ici, et on bouche les trous avec des rôles bidons offerts à un Liam Neeson qui cachetonne sans conviction ou à une Emma Thompson chargée de faire le lien à elle seule avec une époque meilleure. Le scénario est sans intérêt, le rythme indolent, les rebondissements incohérents, et toute fantaisie a disparu.

On n'arrive même pas à détester "Men IN Black : International", tant il est inoffensif. On espère juste que les financiers vont porter leur attention sur un autre sujet. Ou bien, tiens, que les Chinois leur passeront sur le corps, pour qu'on puisse définitivement passer à autre chose !

MIB International