No Mans Land affiche

"No Man's Land" - titre débile par rapport au sujet de la série, aux lieux où l'action se passe, à moins que que l'on veuille dire que l'on va parler cette fois, pour changer, du "pays des femmes" - est une série qui a reçu tout un tas de louanges, pour tout un tas de mauvaise raisons : on nous vante le réalisme, le respect d'une vérité de la guerre en Syrie contre Daech, le soin apporté à la reconstitution. J'imagine que ça évite de parler du scénario - improbable, mal construit, parfois risible -, des acteurs peu convaincants (Félix Moati et Mélanie Thierry, dans des personnages auxquels on ne croit pas une seconde...), de la mise en scène inexistante, de l'image dégueulasse, du total f... de gueule que sont les trois derniers épisodes qui racontent n'importe quoi, sans souci de cohérence psychologique ni de structure narrative.

J'ai cru rêver quand j'ai entendu certains dire que c'était meilleur que "le Bureau des Légendes", ou que l'on ne nous avait jamais montré Daech ainsi : pendant la moitié des 8 épisodes, on s'ennuie doucement, avant de sombrer dans l'incrédulité quand on nous injecte là-dedans du Mossad à haute dose. La condition des femmes au sein de l'Etat Islamique ? Invisible ! (Retournez plutôt voir "Kalifat", pour ça...) ! La motivation des femmes kurdes qui se battent ? Même pas un sujet pour les scénaristes de "No Man's Land" ! (c'est d'ailleurs là un angle mort des fictions actuelles sur la situation en Irak et en Syrie...).

Bref, en regardant "No Man's Land", je n'ai rien appris de nouveau, je n'ai rien compris de plus, je ne me suis même pas particulièrement intéressé à cette histoire ni écrite ni à écrire.

PS (qui n'a rien à voir, mais en fait si...) : Hier, John Le Carré est mort. Outre le fait que nous avons perdu l'un des grands écrivains de notre temps, nous avons aussi perdu la capacité à apprendre et à comprendre... les jeux des espions, les guerres sur la planète, l'abyssale saloperie humaine. Recommandons aux scénaristes de "No Man's Land", s'ils ont des velléités de nous pondre une deuxième saison à cette sombre affaire, de lire ou de relire tout Le Carré, avant de se mettre au boulot.