The Undoing Poster

Ah, les tourments des riches harcelés par une police ou une justice qui leur en veut d’être beaux, aisés et célèbres… ! Après "Defending Jacob", voilà une nouvelle version du polar judiciaire qui compatit largement sur le sort de ceux que tout le monde envie : ils vivent dans ces immeubles incroyables au bord de Central Park à New York, leurs enfants vont dans de écoles privées, hors de prix et réservées à l’élite, et ils passent leurs soirées dans des cocktails où ils s’ennuient et s’auto-critiquent pour bien montrer qu’ils ne sont pas dupes eux-mêmes de l’artificialité de leur monde. Et puis, parmi eux, rassurons-nous, il y a le lot normal de sociopathes, psychopathes, ou au moins de maris infidèles et mauvais pères, surtout ceux qui vont fricoter avec les femmes de classe sociale inférieure, forcément hystériques et psychotiques d’ailleurs – mais attention, on parle de femmes qui, même si elles sont hispaniques, sont des artistes, pas des femmes de ménage !

"The Undoing", soit l’action de « défaire », appliquée ici à une vie que l’on découvre bâtie sur des mensonges et des faux-semblants, est une mini-série TV en 6 épisodes, dont le principale attrait est sa distribution, puisque l’anciennement brillante Nicole Kidman y donne la réplique au toujours charmant Hugh Grant, joliment marqué par l’âge, et surtout au fulgurant Donald Sutherland… un casting “all stars” qui séduit forcément un public large ! Le problème est que la série, après deux premiers épisodes intrigants qui font attendre un thriller noir et complexe, avec mystifications et faux-semblants, débouche rapidement sur une intrigue plan-plan et déjà vue et revue maintes fois. On doute, on choisit son camp (elle ou lui ?), on se réveille un peu lors d’une jolie scène de procès (l’avant-dernier épisode) ou lorsque Sutherland se met à cracher magnifiquement son venin, impérial comme il sait l’être (mais à quand une série TV où il tiendrait le rôle principal ?), et puis on sombre définitivement dans une conclusion sans relief, dont la seule qualité est de nous livrer un portrait psychologiquement juste d’une personnalité narcissiste… Mais qui surtout, comme c’était prévisible, prend soin de ne pas mettre en cause l’ordre établi !

Plutôt moyennement interprété par Kidman et par Grant qui nous abreuvent à longueur d’épisodes de tics assez grossiers et vite irritants, mis en scène sans aucune imagination par une Susan Bier qui ne nous a jamais éblouie par son talent, "The Undoing" s’avère une série « de prestige » sans grand intérêt. Aussi terminée, aussitôt oubliée.