Les Meurtres de Valhalla Affiche

Nous avons trop été fans du polar scandinave durant les 20 dernières années, pour ne pas admettre qu'il nous est difficile désormais de ressentir beaucoup d'intérêt devant un genre qui a fini, entre romans à succès ("Millenium", bien sûr, mais aussi l'œuvre non négligeable du grand Jo Nesbø) et séries TV qui ont fait le buzz ("The Killing", "The Bridge") par virer au stéréotype... sans même parler de liquider virtuellement les 3/4 de la population locale, à force de multiplier les sérial killers ! "Les Meurtres de Valhalla", déclinaison islandaise du genre, arrive donc beaucoup trop tard, et nous indiffère, voire nous irrite par sa sage application des règles immuables du genre : protagonistes mal aimables et torturés, image décolorée, intrigue déprimante à tiroirs multipliant les coupables potentiels jusqu'au coup de théâtre final, tout y est, dans la nuit omniprésente du lugubre hiver islandais, loin des clichés touristiques (Hormis quand même une poignée de plans rappelant la splendeur de la nature, et nous permettant de reprendre un peu de lumière au milieu de la morosité générale...).

Il faut même avouer que l'on s'ennuie vaguement durant la longue première partie de la série, qui nous présente une énigme policière rebattue autour du retour d'une vieille histoire atroce d'enfants molestés dans une école, avec prévisible vengeance tardive. Mais c'est sans doute, outre le rythme indolent de la mise en scène, notre manque d'empathie total vis à vis de personnages... disons butés, pour rester polis (pas un seul sourire de la part des deux protagonistes en sept épisodes !), et pas formidablement incarnés non plus par les oubliables Nína Dögg Filippusdóttir et Björn Thors, qui donne régulièrement envie de ne pas aller jusqu'au bout de la série.

Ce serait pourtant un tort, car les 3 derniers épisodes, même s'ils suivent eux aussi à la lettre le programme "polar scandinave" (un revirement et un nouveau coupable à chaque épisode), et s'il est assez facile d'anticiper depuis le début où tout ça nous mènera, sont vraiment plaisants, avec le juste mélange de tension que l'on demande à un bon polar, d'horreur (la belle idée de la "marque" du monstre...) et de déprime existentielle pour ne pas avoir l'impression que tout cela est idiot. Même si l'on se serait passé d'une sorte de "happy end" improbable, qui laisserait en plus la porte ouverte à une seconde saison, on appréciera aussi la volonté du scénario de ne pas - au moins pour le moment, cela peut changer en cas de seconde saison - éclaircir toutes les zones d'ombres du personnage d'Arnar : finalement, tout doit-il être expliqué dans un "roman policier" ?

Bref, très mal entamé et trop long, "les Meurtres de Valhalla" finit bien, et nous laissera plutôt un souvenir plaisant... même si la série de Thordur Palsson n'aura contribué à aucun renouvellement du genre !