Criminal UK S2 affiche

La seconde livraison d’épisodes de "Criminal : Royaume-Uni" prouve que l’équipe de Jim Field Smith (qui est aussi le réalisateur) et George Kay a su corriger les défauts de la première saison, puisqu’on a affaire à un quasi sans faute cette fois, avec qui plus est des sujets et des mécanismes différents à chaque épisode.

Le premier épisode ("Julia") est d’ailleurs le moins fort, l’excellente Sophie Okonedo ne réussissant pas tout-à-fait à rendre son personnage d’épouse d’assassin assez ambigu pour que l’histoire fonctionne complètement (ce qui est d’ailleurs étonnant, si l’on repense à la complexité de son personnage de schizophrène dans "Ratched"…), mais les 3 suivants sont tout simplement formidables.

Grâce à une interprétation bouleversante du toujours surprenant Kit Harington, "Alex", le second épisode transcende son sujet, presque théorique mais bien d’actualité, sur les dangers des fausses (?, et tout est dans le point d’interrogation…) dénonciations d’abus sexuels et leur traitement par la police : c’est le seul épisode de la série à date qui adopte le point de vue de l’accusé et fait des interrogateurs des bourreaux, une inversion de perspective rafraichissante.

"Danielle", le troisième épisode, aborde avec subtilité le difficile thème des soupçons envers les pédophiles reconnus, et surtout les dérapages de la dénonciation tout azimut via internet. Sharon Horgan est absolument fascinante à observer, livrant une superbe performance en psychopathe manipulatrice, usant d’une logique troublante pour manipuler les policiers.

"Sandeep" clôt cette réussite quasi-totale sur un sujet beaucoup plus classiquement policier, où il s’agit de découvrir de quel(s) crime(s) peut être responsable un accusé arrogant et sûr de lui, bien décidé à mener le jeu de l’interrogatoire. Dans ce dernier épisode, c’est surtout la qualité de ce que l’on pourrait qualifier de « mini-énigme policière » qui captive, plus que les aspects psychologiques, psychiatriques ou moraux que les épisodes précédents ont mis en valeur.

Gros coup de cœur donc pour cette série brillante, et pour le travail d’orfèvre de toute l’équipe, certains moments de tension ou, mieux encore, d’attente se révélant même saisissants. On a envie de dire que c’est de la grande série TV, mais ce qu’on pense, en fait, c’est que c’est tout simplement du GRAND CINEMA.