2020 09 09 Howard Supersonic @ Trabendo (02)

20h30 : Howard est donc un trio parisien qui déclare faire du Fuzz Rock – quoi que ce soit que cela signifie, si ce n’est leur usage immodéré (et on aime ça !) de la distorsion et du fuzz -, que l’on trouve sur MusicBrainz.org étiqueté comme groupe stoner, et qui, à notre humble avis, joue surtout du Rock 70’s avec la même fougue et la même foi que les meilleurs groupes de cette époque (…qu’on a tendance à trouver de plus en plus “bénie”, par rapport à la nôtre…).

Howard attaque son set avec une puissance dévastatrice – et là, le qualificatif est parfaitement approprié – et avec Quicklime, morceau étendard de leur dernier album, “Obstacle”, sorti deux jours avant le confinement (« on a eu le nez creux », plaisante JM, mi-figue, mi-raisin). Le son est, comme toujours sur la Terrasse du Trabendo, excellent mais surtout très fort, bien comme il faut. Vient ensuite Make Up Your Mind, avec sa mélodie évidente et sa rythmique irrésistible. Un très beau début de concert…

Bien entendu, la présence scénique de l’impressionnant JM et son chant lyrique frappent d’emblée, mais, sans vouloir vexer les deux autres membres du groupe, c’est rapidement vers Raphaël, responsable des claviers, que notre attention s’oriente… Raphaël est aux commandes de divers instruments, du plus classique – le bon vieil orgue, comme au temps de Doors – au plus original – le thérémine, que Raphaël manie (et c’est là le bon terme, puisque le contrôle de cette “scie musicale” électronique se fait par le mouvement des mains dans l’air) avec une habileté peu commune. Et disons-le tout net, cette prépondérance des claviers dans la musique fait la singularité de Howard, et ajoute une belle excitation par rapport aux riffs de guitare agressifs et aux roulements d’une batterie que l’on qualifiera, sans crainte des clichés, de tellurique.

2020 09 09 Howard Supersonic @ Trabendo (01)

Durant le confinement, de nouvelles chansons sont nées, que le groupe interprète donc pour la première fois en public, et il peut en être fier, puisque ces nouvelles compositions impressionnent d’emblée. Nous nous souviendrons d’un déluge épique (et assourdissant !) déchaîné par les claviers, nous vrillant littéralement le cerveau, sur l’un de ces nouveaux morceaux.

Le chant de JM impressionne par sa vigueur, mais aussi par sa force émotionnelle, qui ravive justement ces doux souvenirs du Rock des seventies, beaucoup plus intense, et sans doute plus innocent que la majorité de la musique actuelle (à un moment, difficile de ne pas penser à Steppenwolf, par exemple, c’est dire à quel niveau joue Howard !). Le set se termine au bout de 45 courtes minutes, par Evil, un classique extrait de leur premier EP, qui a en effet quelques connotations stoner bien plaisantes.

Encore un excellent groupe français à suivre !