Le Grand Braquage Affiche

Rien de bien nouveau dans "le Grand Braquage" ("El Robo del Siglo", soit « le Vol du Siècle » en espagnol), mini-série colombienne qui raconte une histoire de… braquage de banque, basée sur des faits réels ayant eu lieu en Colombie dans les années 90… Un casse qui resterait a priori à date le plus gros vol d’argent liquide : près de 40 millions de dollars, en billets neufs, subtilisés à la Banque de la République de Valledupar, au nez et à la barbe de la police qui gardait l’établissement pendant le week-end.

Bon, on imagine bien que Netflix souhaite avant tout capitaliser sur le succès global de sa "Casa de Papel", ce qui se sent dans certains – rares, heureusement – dérapages de la mise en scène et de la musique dans des excès fantaisistes… même si dans le fond, on n’est clairement pas du tout ici dans le même registre. "Le Grand Braquage" tient plutôt du récit des plus classiques, cochant avec une belle fidélité au genre toutes les étapes habituelles : la naissance de l’idée du casse pour répondre à des problématiques financières et familiales (les deux personnages principaux, Chayo et Molina, El Abogado, amis de toujours séparés suite à un cambriolage ayant mal tourné, en particulier pour le second…), l’assemblage de l’équipe, le braquage lui-même, la fuite des lieux, la répartition du butin et les dangers du retour à la vie « normale » avec autant d’argent, alors qu’une enquête est en cours. Le charme de la série tient donc beaucoup au respect des codes du genre et à la crédibilité de la plupart des situations – ce qui est évidemment une énorme différence vis-à-vis de "la Casa de Papel" ! -, le tout pimenté par l’exotisme lié à la Colombie de l’époque : corruption profonde des institutions – ce qui facilite quand même certaines opérations, il faut bien le dire – et manque régulier de professionnalisme.

Il faut également souligner que, à la différence de nombre de séries actuelles ayant tendance à « tirer à la ligne », le rythme sur 6 épisodes de 40 minutes est constamment soutenu, l’histoire ne se perdant pas dans des méandres inutiles autour de personnages secondaires dispensables, ou des apartés inutiles, et on en arrive très vite aux scènes « excitantes » de cambriolage ou de tension entre les membres du gang. On pourra par contre déplorer certains raccourcis qui risquent de désarçonner plus d’un téléspectateur (comme l’épisode de la disparition de Monroy…), mais surtout que les deux derniers épisodes passent un peu vite sur la résolution des différents conflits – la communication au public des numéros des billets volés, la transplantation d’organe de El Abogado, la vie de famille mensongère de Chayo, l’amant policier de Estiven –, les scénaristes cédant finalement avec une certaine facilité à une conclusion se référant au destin « véridique » des personnages réels.

Finalement, toute la partie « post-braquage » aurait pu être soit enlevée pour que la série se concentre seulement sur le « haut fait » du cambriolage, soit au contraire étendue, car il est finalement frustrant de ne pas passer plus de temps sur le destin et les difficultés de chacun des personnages, tous intéressants, tous bien caractérisés.

Voici donc une mini-série imparfaite, mais qui offre un spectacle à la fois intelligent – avec un contexte géographique et historique bien respecté – et divertissant.