2020 08 21 Servo Supersonic @ Trabendo (16)

20h35 : Servo, groupe de Rouen (attention à ne pas les confondre avec le groupe indie punk homonyme de Montpellier !), on les avait vus pour la première fois il y a un an et demi ouvrir pour nos chers Psychotic Monks à l’Astrolabe, et ils nous avaient déjà impressionnés. C’est peu de dire qu’ils ont fait des progrès impressionnants depuis, et on désormais la stature d’une tête d’affiche ! Bon, si le nom du groupe est tiré d’un titre du Brian Jonestown Massacre, c’est quand même plus du côté de la coldwave sépulcrale de Joy Division qu’il fait aller chercher leurs influences… Même si les références à A Place to Bury Strangers ou aux Black Angels ne sont pas hors de propos non plus…

Trio vêtu de noir jouant dans une obscurité seulement déchirée d’éclairs de lumière blanche quand la musique se met à exploser, Servo ne fait certes pas dans la pantalonnade ou la fantaisie ! Jeu scénique réduit au minimum, même si les moments de transe électrique donnent lieu à un furieux ballet convulsif, le spectacle – si on peut l’appeler ainsi – se concentre sur la seule musique. Les morceaux sont tous uniformément longs, mêlant sans peine post-punk, krautrock et fuzz. Le son est impressionnant de profondeur et d’amplitude, et le niveau sonore atteint rapidement les limites de tolérance normale du public. Est-ce cette agression sonique qui permet à Servo de transcender désormais son sombre rituel a priori peu surprenant ? Est-ce le fait que le groupe mise un peu moins sur ces rythmes dansants qui le caractérisait, et explore désormais une sorte d’emphase mi-hypnotique, mi-religieuse, qui rend le set de Servo aussi efficace ? Après quarante minutes aussi assourdissantes que tétanisantes, le public, conquis, exigera même un rappel non prévu au programme, Ô God, seul extrait du premier album dans un set qui était consacré dans son intégralité aux splendeurs effrayantes de “Alien”, le nouveau disque du groupe…