2020 08 06 You Said Strange Supersonic @ Trabendo (21)

Il est déjà presque 21h30 – au lieu de 21h15 tel qu’initialement prévu - quand les Normands de You Said Strange peuvent enfin débuter leur concert, du fait des petits retards accumulés, entre un démarrage initial de la soirée décalé, le pépin technique ayant interrompu le set de Nyght, et un changement de matériel un peu long. Et ça, c’est un problème, car à 22 heures, le concert doit être terminé, du fait d’une projection de film en plein air dans le Parc de la Villette, à quelques encablures de là…

You Said Strange, on les avait déjà jugés impressionnants en première partie de l’Epée à la Cigale fin 2019, et ce soir, malgré un set douloureusement écourté, on les a trouvés encore meilleurs. Le niveau sonore a monté d’un cran par rapport à Nyght, ce qui fait vraiment, mais vraiment plaisir, et surtout on sent qu’on est à un niveau de professionnalisme, non, de maturité bien différent. Il n’est toujours pas aisé de définir le genre musical du quatuor normand, alors on répètera ce qu’on avait pensé la dernière fois, voilà une sorte de shoegaze psychédélique à forte coloration pop qui… ne ressemble ma foi pas à grand-chose d’autre, et c’est absolument parfait comme ça. Et ce d’autant que les compositions sont réellement excellentes, parfaitement accrocheuses dès la première écoute !

La nuit est maintenant tombée, les lumières sont rares, les photos ne seront pas faciles, mais qu’importe : voilà du Rock de fort belle facture, qui s’est définitivement démarqué de l’héritage Dandy Warhols / Warlocks revendiqué lors de la parution de leur premier album, “Salvation Prayer”… Un album dont il nous semble qu’ils ne joueront pas grand-chose ce soir, consacrant le set à de nouveaux morceaux, comme le magnifique – et agressif – Mediterranean, plus beau moment de cette première soirée Take Me (A)oût. L’autre grande force de You Said Strange, au-delà des compos et des guitares qui font du beau bruit comme on aime, c’est la qualité des vocaux, partagés entre les deux frères Eliot et Martin, chacun dans une tonalité différente.

Bref, et même si ce sera la frustration qui triomphera ce soir du fait de l’arrêt précipité du set, alors que le groupe avait encore tant à nous offrir, nous tenons là un autre excellent groupe français, qui fera plus que nous aider à tenir le coup en ces temps de fermeture des frontières et donc d’impossibilité pour les groupes étrangers de venir jouer chez nous.

On notera aussi qu’Eliot, en ôtant son pull (oui, il portait un pull par 35 degrés, est-ce que ce n’est pas cool, ça ?), dévoilera un t-shit “Liban” des plus sympathiques en cette journée où nous sommes tous consternés par la dramatique destruction d’une partie de Beyrouth. Un beau geste !