Guns Akimbo affiche

"Guns Akimbo" s'inscrit directement dans la veine la plus détestable du cinéma décérébré de super-héros, à la fois stupide et profondément hypocrite façon "Deadpool" : le but du jeu est de paraître cool parce qu'on est "trash", et de sembler livrer une condamnation des travers de l'époque (goût pour la violence, pour le spectacle en général, addiction aux réseaux sociaux, version moderne de l'éternel "panem et circenses"...) tout en misant exactement sur la même chose. Ajoutons y une bonne dose de références à l'univers du jeu vidéo, à peu près incompréhensibles pour qui y est étranger, et une "esthétique pop" combinant couleurs fluo et tonalités glauques, et on pourrait dire que le second film de Jason Lei Howden - plutôt un spécialiste des effets spéciaux, apparemment - coche allègrement toutes les cases de l'ignominie.

Pourtant, quelque chose d'indiscernable résiste encore, quelque part au plus profond du film, et peut-être bien que c'est aux acteurs qu'il faut attribuer le mérite de cette trace d'humanité dans un tel film-monstre : Daniel Radcliffe y est curieusement plus convaincant que dans n'importe lequel des "Harry Potter", en nerd pathétique auquel on a greffé des pistolets dans les mains, et il nous fait rire de bon cœur (c'est-à-dire qu'on rit AVEC lui et non CONTRE lui) tout en construisant un certain capital affectif qui sert indiscutablement "Guns Akimbo" (il est d'ailleurs étonnant - est-ce volontaire ? - que nous suivions la même trajectoire vis à vis de son personnage que le public du film !). Et on y découvre, enfin pour nous qui ne l'avons pas encore vue jouer dans ses précédentes séries Z, Samara Weaving qui s'avère fort convaincante et dégage une belle énergie punk (malheureusement un peu gâchée par un reflux final de bons sentiments...). A eux deux, ces acteurs "sauvent" partiellement le film, et transforment cette heure et demi de violence finalement très peu originale dans sa mise en scène en un divertissement "bon enfant" et presque regardable.