La Trêve S2 affiche

Relire les réflexions que nous avait inspirée la première saison d’une série qui, comme beaucoup d’être, n’avait aucune raison d’être prolongée (si ce n’est son succès…), s’avère littéralement mortel à l’heure de faire le bilan d’une seconde saison… qui reconduit à l’identique les mêmes « défauts », en ajoute de nouveaux, et semble avoir perdu beaucoup de son charme. Basé sur une intrigue policière non dénuée d’intérêt, et qui se conclut proprement sur une fin simple, logique mais tragique, "la Trêve" nous perd pourtant à force d’envisager des hypothèses jamais complètement explorées, et surtout jamais réellement conclues : le téléspectateur aurait finalement bien aimé savoir ce qu’il advient de ces personnages secondaires (comme le couple bien barjot formé par la sœur de la victime et son répugnant mari, ou comme le médecin pervers qui semble abandonné à ses vices…) qui ont – souvent trop brièvement – interféré avec l’enquête de Peeters, et dont le parcours est finalement plus intéressant que celui des personnages principaux, qui semblent, eux, englués au long de 10 épisodes parfois fastidieux dans les mêmes problématiques, les mêmes obsessions.

De plus le choix d’ouvrir franchement la série sur le fantastique, avec l’intervention d’un improbable voisin médium, désamorce complètement les hallucinations psychotiques de Peeters, et symbolise finalement bien l’indécision de scénaristes qui ne savent pas vraiment choisir un propos clair dans cette saison, et choisissent de saturer leurs fiction d’épisodes incohérents, parfois même ridicules (l’histoire de la « secte » partouzeuse des artistes contemporains est particulièrement désagréable à force d’accumuler des clichés) : dans un bon thriller, l’accumulation est bien souvent l’ennemie de l’efficacité.

Une fois encore, les erreurs de temporalité se multiplient, en particulier dans la dernière partie (on sourira à une erreur de date dans les dialogues, d’ailleurs corrigée dans les sous-titres !) où l’on ne sait plus très bien si l’on est le matin, le soir, ou à un quelconque autre moment de la journée, les Ardennes Belges semblant à nouveau bénéficier d’un soleil permanent qui les apparente plutôt à un pays méditerranéen ! Plus que dans la première saison – à moins que notre bienveillance se soit épuisée - Les acteurs sont généralement mauvais, ou tout au moins mal digérés, et font déraper de nombreuses scènes dans la parodie, ce qui n’était clairement pas le but.

Bref, "la Trêve" a atteint ici clairement ses limites, et on ne peut que redouter la troisième saison que semble nous promettre la fin quasi-suspendue de dernier épisode…