Proselytisme_morts_vivants_Les_Nouvelles_Aventures_de_Lapino

Si l'on met de côté l'expérimental "les Herbes Folles", intéressant exercice de création d'une oeuvre dans un cadre extrêmement strict, ce "Prosélytisme & Morts-Vivants" est le vrai second tome des (nouvelles) aventures revenu - sans explication, même s'ils porte désormais quotidiennement un t-shirt noir orné d'une tête de mort - de l'Au-delà. D'abord, il faut avouer que Lapinot a été pour nombre d'entre nous un élément essentiel de notre passion pour la BD durant de longues années, presque au niveau des Tintin ou Spirou de notre enfance : le choix audacieux de le balader à travers les lieux et les époques, et de changer systématiquement de registre, contribuant - et pas qu'un peu - à en faire une sorte de "mythe"... même si, malheureusement, le grand public n'a jamais complètement suivi Trondheim dans son ambitieux projet...

Du coup, un second (ou un troisième) tome ancré dans le quotidien, et tentant de proposer une réflexion plutôt sérieuse sur l'athéisme dans notre monde de plus en plus aspiré par les croyances, a quelque chose d'un peu décevant... et ce d'autant plus qu'on n'est pas sûrs de souscrire au principe exposé ici que ne pas croire en une divinité est une croyance comme une autre, ni de voir réduit ce débat potentiellement explosif à une confrontation assez "légère" avec une élue locale hypocrite (et corrompue ?).

Même si l'humour si particulier de Trondheim fonctionne occasionnellement très bien (tout n'est donc pas perdu !), même si l'efficacité narrative et le graphisme élégant concourent à une sorte de nouveau "classicisme" qui rendent la lecture de "Prosélytisme & Morts-Vivants" très agréable, on s'ennuie un peu... tout au moins jusqu'à l'accélération finale, qui voit nos héros poursuivis par des voitures dans une ville déserte : à la fois angoissantes, rythmées et drôles, ces pages-là nous montrent Trondheim à son meilleur, et prouvent que tout n'est - heureusement - pas fini avec Lapinot !

Allez, la prochaine fois, Lewis, on retente comme au "bon vieux temps" une petite promenade dans d'autres fictions ? Finalement peu exploitée ici, l'idée de projeter Lapinot dans l'univers de "The Walkling Dead" vaudrait bien un album à elle seule !